Chypre, mi-figue mi-raisin

© Kykkos, Museum of the Holy Monastery.

Le Louvre, dans sa grande ruée vers l’Orient (nouvelles salles pour la Grèce antique, l’Est de l’Empire romain et les arts de l’Islam), nous présente une zone bien souvent oubliée des musées : Chypre. L’île, célèbre dès la Préhistoire (c’est-à-dire avant 600 BC, date de la fondation de Marseille) pour ses ressources en cuivre, est de par sa situation géographique à la croisée des influences. Les dominations distinctes et successives qu’elle subira ne feront que renforcer cette hétérogénéité qui fait la caractéristique des productions chypriotes.

L’ensemble de l’exposition permet, depuis un exemple particulier, d’avoir une vision représentative de la culture byzantine : production de mosaïques, de manuscrits et d’icônes, esthétique de l’époque justinienne… Mais aussi de mettre en avant des caractéristiques étrangères. Ainsi, on peut déceler sur les œuvres les plus tardives les emprunts au vocabulaire arabe ou européen. Un véritable jeu auquel les visiteurs se prêtent aisément (et pas seulement les plus jeunes).

© Kykkos, Museum of the Holy Monastery.

Les œuvres présentées sont de très belle qualité, de nature et d’origine muséale (oui cette épithète existe) diverses. Les explications fournissent de nombreux détails, en omettant parfois les informations basiques. Le véritable reproche que l’on peut faire concerne les cartels. Parfois les œuvres ne sont même pas datées, et on ne trouve aucune information additionnelle. Personnellement, le manque de données iconographiques m’a semblé être le plus dérangeant : dans une exposition présentant majoritairement des pièces à l’iconographie religieuse, comment identifier la scène représentée? Même si pour certains ces indications sont inutiles (on vous offre des chocolats si vous reconnaissez tout), elles seraient une manière d’intéresser le visiteur et de lui donner envie d’aller plus loin.

De manière générale, le bon éclairage et la scénographie sombre rendent l’atmosphère sobre et agréable ; l’organisation chronologique s’avère être un choix simple mais judicieux. En bref, une belle exposition, étoffée, mais qui aurait gagné à apporter plus d’informations utiles et basiques au visiteur. Bonus, elle est comprise avec l’accès aux collections permanentes du musée.

PS : il existe, très utilement, des numéros en haut des panneaux pour vous indiquer l’ordre de visite. Vous l’aurez certainement remarqué tout de suite (mais moi je ne m’en suis rendu compte qu’au panneau numéro 6 et c’était handicapant). Alors si vous êtes mal réveillé, vous êtes prévenu.

Chypre entre Byzance et l’Occident, IVe-XVIe siècle

Au Louvre, entresol richelieu, jusqu’au 28 janvier 2013

Louise

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