Le secret c’est l’humilité

« Je ne suis pas une star, je ne suis pas une vedette ». Frédérique Tirmont est une comédienne de 40 ans, 40 ans de carrière. Sur grand écran elle prête sa voix à Meryl Streep ou encore Emma Thompson. Sur scène, elle entre dans la peau d’une journaliste reporter d’images, d’une reine folle et de beaucoup d’autres personnages.

« Jouer c’est incarner les personnages. Ça veut dire rentrer dans la chair, vivre ». Frédérique entretient une relation particulière avec ses personnages. Pour la comédienne, un rôle ne se prépare pas, mais se vit. Sa philosophie, puiser à l’intérieur de soi ses émotions et les intégrer au psychisme du personnage. Frédérique nourrit ses personnages avec son expérience de vie. Et plus elle vieillit plus elle se nourrit de la vie, telle est sa croyance. Elle ne tombe pas dans le piège de l’identification ; « S’il y a identification t’es paumée, tu as la tête comme un compteur à gaz et tu exploses ».

Un cours de théâtre ? Pas du tout. Frédérique témoigne du plaisir qu’éprouvent les personnes qui vivent de leur passion. Elle n’hésite pas à partager avec nous ses souvenirs, à parler de son rôle actuel dans « Le scoop » et même à se plaindre de la météo.

Dans sa carrière Frédérique a vécu des moments forts, certains un peu plus que d’autres. Récemment un rôle qui l’a marquée est celui de Charlotte de Saxe Cobourg dans « La nuit de l’audience » où elle jouait aux côtés de Brigitte Fossey ; « ça ça a été un rôle très extraordinaire, c’est un beau cadeau. Parce que les rôles de gens déjantés sont des rôles où ta liberté est extrême. Tout est permis. Je jouais tout là-dedans, je jouais la petite-fille, la vieille dame, je jouais la reine brillante magnifique, forte, je jouais la princesse mexicaine, à un moment je chantais La Paloma (rires)… c’était un rôle absolument extraordinaire ».

Le doublage des voix lui demande encore plus d’humilité. Frédérique s’oublie quand elle double et joue la scène qu’elle voit. La difficulté, c’est de faire en une demi-heure ce que les acteurs font en 3 jours. Une voix qui lui a demandé une recherche particulière est celle de Meryl Streep dans « La Dame de fer » quand elle incarne Margaret Thatcher âgée. « Elle avait des prothèses dans la bouche donc ça lui donnait une diction particulière. Moi j’avais pas tout ça donc il a fallu que je trouve du coton, des trucs… j’ai utilisé un appareil de bruxion, je l’ai mis sur mes dents, j’ai essayé, j’y suis arrivée (rires) ».

A 62 ans Frédérique Tirmont évolue toujours. L’évolution dans le métier de comédien n’a pas de fin. Elle va même jusqu’à nous confier l’importance qu’a eu pour elle un autre acteur, Jean-Paul Roussillon. « Tout ce que je t’ai dit par rapport à la vérité, à l’humilité, à l’engagement c’est lui qui me l’a mis en évidence de par la manière dont il jouait… alors que j’avais plus de 50 ans. Je pense à lui en jouant… d’ailleurs quand j’entre en scène, je dis Jean-Paul ».

Aglaé

En ce moment et jusqu’au 22 déc, Frédérique joue dans Le Scoop du lundi au vendredi à 21h ( et le samedi à 18h ) au théâtre Tristan Bernard. Courez-y on a aimé la pièce!

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