La ménagerie de Jouve

Paul Jouve est un peintre et sculpteur français, né en 1878 et décédé en 1973 à l’âge honorable de quatre-vingt-quinze ans. Il est, à la manière du sculpteur Antoine-Louis Barye, l’un des grands noms de l’art animalier ; on le connaît notamment pour avoir illustré le Livre de la Jungle de Kipling.

A la fois influencé et en contradiction avec François Pompon (vous connaissez très certainement cet ours du musée d’Orsay qui trône dans les boutiques de musées du monde entier), qui présente lui des surfaces très lisses et douces, Paul Jouve géométrise l’anatomie de l’animal jusqu’à rendre des corps presque facettés. Les lignes fortes ainsi créées varient selon le sujet représenté.

Arêtes droites dans le cas des félins, elles accentuent la puissance des bêtes, leur aspect sauvage et impulsif. Elles sont à l’inverse plus courbes quand il s’agit de petits animaux, traduisant la douceur et la furtivité. Tous témoignent indubitablement d’une grande majestuosité. La faune prend vie, jamais réellement statique ; on en devinerait le caractère de chaque créature représentée. Un art donc peut-être plus profond qu’il n’y paraît, qui nous amène à faire une fois de plus des parallèles entre l’être humain et l’animal, comme l’ont fait en littérature Esope ou La Fontaine.

Louise.

 

 «   Ne soyons pas si difficiles :

Les plus accomodants, ce sont les plus habiles :

On hasarde de perdre en voulant trop gagner.

        Gardez-vous de rien dédaigner,

Surtout quand vous avez à peu près votre compte. »

Le Héron, Jean de la Fontaine

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