A l’Orientale

Aujourd’hui au menu, nous vous emmenons par-delà les mers en vous parlant de l’exposition Mille et une nuits par l’Institut du Monde Arabe !

m

Ayant gardé un très bon souvenir de ma lecture (inachevée, il faut bien l’avouer) des Mille et Une Nuits, le fait que l’événement ait eu lieu à l’IMA, dont j’avais beaucoup entendu parler sans y être jamais allée, m’a encore plus donné envie de replonger dans le fascinant univers de ce récit légendaire ; et ça en valait le coup.

Les réjouissances commencent par une grande salle sombre remplie de manuscrits. Pour cette salle dédiée à la remise en contexte de l’œuvre, on nous parle de ses sources, de son histoire, de sa structure générale, de son évolution et de son périple pour arriver jusqu’à nous, occidentaux (merci Antoine Galland !). Le ton est déjà donné : cette exposition met l’accent sur l’ambiance, ou plutôt les ambiances de ce récit aux innombrables facettes pour tenter d’expliquer pourquoi les Mille et Une Nuits ont plongé plusieurs civilisations (qui n’avaient pas forcément les clés pour s’intéresser à la littérature arabe médiévale) dans une profonde fascination de leur monde.

111

Ida Rubinstein dans le rôle de Zobéïde, 1910, Jpeg by M. Evans from scan of P.D. image

Plusieurs salles se succèdent sur différents thèmes récurrents des Mille et Une Nuits, tels que l’amour et le rôle de la femme dans le récit, la forte dimension érotique et sexuelle (parfois éludée ou effacée au gré des traductions) qui est instigatrice du récit, le thème de la parole émancipatrice très souvent indispensable au salut, celui de la violence, de la guerre, de la mort, du fantastique, du voyage et de l’exotique… L’exposition s’évertue à souligner la force des Nuits : elles traitent de tous les aspects de la vie au travers du récit épique de la survie d’une femme par ses mots et son intelligence face à la cruauté sans limite des puissants, et dans tous les récits emboîtés dans celui-ci.

Comme vous l’aurez compris, l’exposition traitant d’une multitude de thèmes, elle est très longue. Soyez donc prêts à y passer du temps et à apprendre beaucoup de choses en peu de temps, sans pour autant avoir fait le tour du sujet.

Dieu bleu, by Léon Bakst, 1912, Collection Centre Pompidou.

Dieu bleu, by Léon Bakst, 1912, Collection Centre Pompidou.

Je ne m’étendrai pas plus sur le contenu de l’exposition, JBMT n’aime pas spoiler ses lecteurs. Je vous dirais simplement que cette exposition est très certainement de grande qualité : on peut saluer ne serait-ce que l’initiative de vouloir s’attaquer à l’explication et à l’illustration pertinente d’un récit aussi extraordinairement riche ! On applaudit également la scénographie (même si on n’a pas vraiment compris le choix de la grotte en aluminium au milieu du parcours) qui s’éloigne de celles des expos traditionnelles à base de cubes blancs, qui n’aurait sûrement pas bien collé avec le thème.

Quelques initiatives qui font plaisir : l’espace écoute qui nous permet de découvrir ou redécouvrir 15 contes des Mille et Une Nuits, mais qui, malheureusement, est toujours bondé ; enfin l’effort d’avoir fait venir (parfois de très loin) des objets de grande qualité pour étayer le propos de l’exposition : peintures de Jacques-Emile Blanche, pages du Shâh Nâmeh, illustrations safavides… Il était bon de voir de beaux objets illustrant un si beau propos.

Tout ça pour vous dire : courez-y tant qu’il est temps.

Caroline Gomot

P.S. : Vous souvenez-vous de la belle collection de livres reliés de Barnes & Nobles dont Louise vous avait parlé ? Eh bien elle compte dans ses rangs les Mille et Une Nuits (Arabian Nights), si vous voulez les découvrir ou redécouvrir en langue anglaise, help yourself !  En ce qui me concerne, j’ai déjà mon exemplaire.

 

Advertisements