Deux bijoux théâtraux

PIECE DE THEATRE "LE PERE" AU THEATRE HEBERTOT

Le rideau s’ouvre. Un décor d’appartement lumineux, Robert Hirsch et Isabelle Gélinas sont en scène. Nous voilà embarqués pour une heure trente de bon théâtre comme on l’aime. Si vous avez entendu parler de cette nouvelle pièce de Florian Zeller, vous avez sans doute pris peur en pensant à la difficulté d’aller voir une telle pièce alors que vous veniez de perdre votre père ou encore en imaginant un spectacle pesant sur la confrontation à cette pénible maladie qu’est Alzheimer. Oubliez ces idées.

Le père est une pièce délicieuse, émouvante certes, mais délicieuse. Plus que la mise en avant des liens paternels, l’auteur exprime véritablement la difficulté de l’homme à accepter le fait que son heure est venue. La détresse de l’être humain face à la mort. Le personnage principal s’agrippe à ce monde qu’il ne veut pas quitter mais qu’il ne comprend plus.

Inutile de souligner que Robert Hirsch joue son rôle à merveille, avec une perfection transcendante. On en vient même à se demander durant les premières minutes s’il joue vraiment. On est sur le fil, prenant peur dès lors qu’il feint un malaise. C’est cette confusion entre la fiction et le réel qui rend cette pièce éblouissante et prenante. Florian Zeller l’a d’ailleurs écrite pour l’acteur, et il a bien fait. Les autres personnages de la pièce, moins incarnés que Robert Hirsch, sont malgré tout très bons et servent avec justesse la pièce du jeune auteur qui est un vrai bijou.

L’autre bijou de cette pièce est naturellement Hirsch qui nous donne une véritable leçon de théâtre pleine d’humilité et d’émotion. Et on finit, lorsqu’on le voit si ému lors des applaudissements, par vouloir lui souhaiter de mourir sur scène. 

Au théâtre Hébertot

78bis boulevard des Batignolles

Paris 17ème

Durée : 1h40min

À partir de 36€

Du mardi au samedi 21h jusqu’au 30 mars 2013

Marine.

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