Besoin de répit?

une-heure-de-tranquillite

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Hiver qui s’éternise, médias aux nouvelles déprimantes, examens qui approchent, avouez que vous aussi, vous prendriez bien une heure pour écouter de la bonne musique à fond les ballons, avachi dans votre canapé ? Une heure de tranquillité… C’est le titre de la nouvelle pièce de Florian Zeller, encore lui ! (on vous en a déjà parlé ici). Une heure de tranquillité, c’est tout ce que demande Fabrice Luchini (alias Michel) qui vient de dénicher un vinyle qu’il cherche désespérément depuis des années. Alors qu’il s’apprête à écouter sa perle rare, tout son entourage semble s’être donné le mot pour l’en empêcher, multipliant les drames domestiques.

La pièce se joue jusqu’à début mai, et reprend pour une quinzaine de dates à l’automne. JBMT vous donne 3 bonnes raisons d’aller la voir :
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© Bernard Richebe

© Bernard Richebe


Luchini

S’il ne devait y avoir qu’une raison, ce serait celle-là. Et, entre nous, c’est pour ça que l’on y est allé : en fans inconditionnels du personnage qu’il est, de son jeu, de ses mimiques, de sa capacité à vous faire rire rien qu’en soulevant un sourcil (j’exagère ? A peine). Également parce que ça fait du bien de le revoir sur scène donnant la réplique à une troupe, et quelle troupe !

Les comédiens

Parce qu’il n’y a pas que le maître Luchini justement, et qu’il est porté par une troupe de qualité. Christiane Millet, une habituée des planches et du grand écran, est parfaite dans le rôle de l’épouse en pleine crise de la cinquantaine. Hélène Médigue, la maitresse rongée par les remords, menace de tout faire vaciller à chaque instant. Il faut aussi mentionner Ivan Cori (alias Sébastien, alias « Fucking Rat »!) dans la peau de l’adulescent attardé-torturé. On ne dévoile pas tout mais vous trouverez aussi un voisin bien trop collant, un plombier portugo-polonais et un meilleur ami avec un gros secret.

Du rire mais pas seulement

En bon vaudeville aux situations attendues qui s’entrechoquent, la pièce est d’abord faite pour nous faire rire. Le texte de Florian Zeller multiplie les révélations retorses, repoussant toujours un peu plus loin la fameuse heure de tranquillité d’un Luchini au bord de la crise de nerf. Comme tous les autres d’ailleurs. L’ensemble est comme un fil qui menace de se rompre à tout moment et plus les personnages s’enfoncent, plus on rit aux éclats.
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© Bernard Richebe

© Bernard Richebe


Mais comme toute bonne pièce de théâtre, on est pris d’empathie. Car si l’histoire semble improbable tant elle enchaine les rebondissements, chaque personnage et chaque drame n’est pas si invraisemblable pour autant : le couple de bourgeois adultérin, les secrets de famille qui trainent depuis des années, les travaux qui prennent l’eau (littéralement)… On s’identifie à l’un ou à l’autre des caractères, comme ce Luchini qui n’aspire qu’à un peu de repos solitaire alors que son monde éclate autour de lui (littéralement là aussi, vous verrez).

La fin est prévisible, oui, mais comme toute comédie du genre. On ne sait quoi dire d’autre pour vous convaincre d’y aller pour égayer vos longues soirées d’automne (la pièce étant quasi-complète pour le printemps), si ce n’est qu’on y avait couru pour Luchini uniquement et que ce fut une belle surprise.

Sandrine Philippart

Une heure de tranquillité
De Florian Zeller, mise en scène de Ladislas Chollat
Au Théâtre Antoine jusqu’au 4/05, puis du 18/10 au 3/11. Places de 21 à 66€

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