Unbreakable

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« The mission of Project Unbreakable is to increase awareness of the issues surrounding sexual assault and encourage the act of healing through art. »
« La mission de
Project Unbreakable est d’accroître la sensibilisation sur les questions entourant l’agression sexuelle et d’encourager l’acte de guérison à travers l’art. »

Avec cette phrase, tout est dit.

Au début, ce n’était qu’un travail d’étudiante en photographie, devenu à présent l’un des 30 Tumblr à suivre d’après le Time. Depuis 2011, Grace Brown photographie des survivors, des « survivant-e-s » d’agressions sexuelles, chacun-e accompagné-e d’une citation de leur agresseur ou de leur entourage. Après avoir pris près de 300 clichés, elle a bien dû se rendre à l’évidence que l’expérience était trop dure pour ne pas consulter elle-même une spécialiste du trauma.

Et on peut aisément la comprendre. Lorsque l’on observe les photos sur son blog, même en étant bien au chaud derrière son écran, on ressent une sensation de malaise qui peut aller jusqu’à la nausée. Alors quand on sait qu’elle a reçu plus d’un millier de contributions depuis l’existence de son projet, on a du mal à ne pas muer cet effroi en colère. D’autant plus lorsqu’on s’aperçoit que l’agresseur est presque toujours très bien connu de la victime, qu’il est souvent le petit-ami ou le parent ; et que l’incompréhension ou la phrase méprisante peut aussi venir d’un policier, d’un psychologue ou de la famille proche

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Il en résulte un blog choquant. Choquant parce que l’on peut mettre un visage sur la victime. Parce que l’agression n’est pas racontée, mais on comprend l’essentiel en quelques mots. Parce que lorsqu’on lit les quelques mots, on ne peut s’empêcher de les entendre résonner, et qu’on se dit que Sartre avait raison, l’enfer, c’est bien les autres.

Mais le choc n’en est pas moins essentiel. Il est le début de la reconstruction pour les victimes. Extérioriser le traumatisme afin de le dépasser. D’où le grand nombre de textes se terminant par « I am a survivor, you didn’t break me, you didn’t win » (« Je suis un-e survivant-e, tu ne m’as pas cassé-e, tu n’as pas gagné »). Mais également essentiel parce qu’il permet la reconnaissance de l’horreur pour nous. Parce qu’après tout, les autres, c’est aussi nous.

Lydie

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