Lorna Simpson : Photographie de la Confusion et de l’Usurpation

Lorna est une autre
Photographie de la confusion et de l’usurpation

Il ne s’agit pas que d’un travail de photographie ou de vidéo. Héritière de l’art conceptuel par sa relation au texte, de l’art « appropriationniste » de Sherman, et d’une photographie moderne dans l’art du portrait, Lorna Simpson m’a parue profondément originale dans sa capacité à maîtriser ces références et à les détourner.

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De son travail de photographe documentaire, elle a su réinvestir des thèmes, et notamment celui de l’identité : sociale, culturelle, raciale, sexuelle, la sienne et celle des autres, questionné à travers des formes simples. Le positionnement de l’artiste est sans prétention. Son travail se veut accessible. Universel.

Répertoires, répétitions et divisions, suites : les dispositions internes aux installations photographiques et vidéo ou entre elles contribuent à l’expérience d’un ensemble très cohérent, phénomène souvent marginal dans l’art contemporain. Le spectateur est véritablement pris en compte dans son contexte : le regard porté sur les sujets se réduit bien souvent à la contemplation de l’anonymat que nous délaissons quotidiennement. L’artiste invite à penser les conventions de l’apparence humaine plutôt que la beauté du corps. Seuls ses tirages photographiques en eux-mêmes témoignent d’une recherche esthétique.

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Les œuvres présentées traduisent une réelle posture de recherche : accumulation, changement d’échelles, changement de supports, changement de techniques. A l’image d’une artiste qui semble avoir trouvé ses ingrédients mais expérimente sans cesse de nouvelles propositions, une esthétique globale régit cette diversité : le noir et blanc, des fonds épurés, des contrastes forts, des dispositions géométriques. Et si certains lui reprocheront sans doute une certaine rigueur formelle, il est possible de remarquer que là est une richesse de son travail, dont toutes les dimensions sont traduites dans l’installation vidéo Chess, réalisée pour l’occasion, qui à elle-seule vaut le détour.

A éprouver. A penser.

 

Anaïs

Lorna Simpson au musée du Jeu de Paume

  • jusqu’au 1er septembre 2013
  • 1 place de la Concorde (8e)
  • Métro Concorde
  • Le mardi de 11h à 21h, du mercredi au dimanche de 11h à 19h
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