Trois Films Culte #1 : La Fureur de Vivre

Si beaucoup ont déjà entendu parler de James Dean (ou fantasmé sur son adorable minois et son sourire charmeur), il est finalement assez rare qu’ils aient eu l’opportunité de visionner le film emblématique de sa courte carrière, « La Fureur de Vivre ».

la_fureur_de_vivre_hdPour résumer rapidement le synopsis, il s’agit de l’arrivée à Los Angeles de Jim Stark (James Dean), jeune homme perturbateur dont les parents ont l’habitude de déménager au moindre problème causé par leur fils. Ce dernier ne tarde pas à se faire pour ennemi le chef du gang régnant sur son nouveau lycée, et va se voir dans l’obligation de le défier selon la pratique de la bande : dans une course de voitures volées au bord d’un précipice. Dans ce bain bouillonnant de testostérone viennent s’intégrer, vous vous en doutez, une jolie fille (Natalie Wood) et des voitures de police.

Mais le spectateur comprend vite que le comportement bagarreur et pernicieux des étudiants n’a rien de gratuit, et qu’il est dû à un profond manque de repères. En effet, de nombreuses scènes mettent en avant l’absence d’autorité du père de Jim, l’absence d’indulgence de sa mère, ou encore l’absence tout court des parents du jeune Platon, ami du protagoniste. Abandon, divorce, remariage… Tous ces phénomènes qui bousculent la structure familiale sont passés en revue au travers des conséquences qu’elles ont sur les enfants, chose relativement nouvelle pour l’époque (nous sommes alors en 1955).


« La Fureur de Vivre » a obtenu le statut de film culte car il s’agit de l’un des premiers films à traiter du malaise d’une génération et du manque de modèles pour la jeunesse. Bien que l’on soit véritablement embarqués dans les courses de cylindrées et les intrigues amoureuses, le film ne peut donc pas être entièrement compris si l’on s’arrête à la dose d’adrénaline qu’il nous procure. Derrière la violence des règlements de compte et des coups de foudre se cache l’extériorisation d’un trouble intérieur, mais aussi la volonté de s’affirmer en tant qu’adulte sans commettre les mêmes erreurs que ses propres parents.

Le seul point négatif pourrait être le choix des comédiens, un peu trop âgés pour que l’on croie pleinement à la véracité de l’histoire. Mais comment ne pas s’attacher à un James Dean désorienté ou à une Natalie Wood révoltée ? Ajoutez à cela l’ambiance impertinente des années 50 et nous voilà définitivement convaincus.

Louise

La Fureur de Vivre ou Rebel Without a Cause (1955)

  • Par Nicholas Ray, sur scénario de Stewart Stern
  • Avec James Dean, Natalie Wood et Dennis Hopper
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