Les interviews-carrières : Cécile, guide saisonnier

Les interviews-carrières sont enfin de retour ! Après avoir découvert les dessous du métier d’archéologue, nous nous penchons sur celui de guide en tant que travail saisonnier – job d’été parmi les plus répandus dans le domaine de la culture. Loin de vouloir présenter la profession dans son ensemble, nous souhaitons ici en montrer un aspect et partager une expérience qui en vaut certainement la peine.

Voici donc la retranscription de notre entretien avec Cécile, belle et joyeuse luronne ayant accueilli et guidé les visiteurs au château de Keriolet durant le mois de juillet.

.Bonjour Cécile,

Pour commencer, peux-tu nous dire quelles sont les qualifications nécessaires pour faire ce métier en tant que job d’été?

Pour le château de Keriolet, je n’avais pas de formation professionnelle à proprement parler. J’ai eu un texte à apprendre dans trois langues différentes (français, anglais, allemand) alors que parfois les guides doivent préparer un texte en amont, ce qui demande un travail de recherche au préalable mais qui permet probablement de bien s’approprier son discours.
Les qualifications requises étaient donc avant tout de bien parler ces trois langues ; ensuite sur le terrain il faut avoir une capacité d’adaptation en fonction de son auditoire, parce que tu ne vas pas parler de meubles de style Louis XV-Louis XVI à un enfant de cinq ans. La timidité peut être gênante également mais je pense que c’est quelque chose que tu te dois de dépasser obligatoirement. 

Quelle est la partie qui t’a le moins plu dans ce métier ?

Rester debout et enchaîner les visites, ce n’est pas toujours très agréable et on est vite à bout de souffle… Mais c’est loin d’être un job d’été pénible!

Ce n’est pas trop ennuyeux de répéter en permanence les mêmes choses?

L’avantage c’est qu’en Bretagne, où se trouve le château de Keriolet, il y a un bon nombre de touristes étrangers – et c’est plutôt bien de pouvoir varier les langues, ça évite de trop se lasser.
Mais aussi, à force de répéter le texte, on devient de plus en plus à l’aise avec, on se l’approprie en quelque sorte et on y ajoute de nos recherches personnelles. Bon, c’est vrai qu’un mois en tant que guide c’est bien, plus serait peut-être trop : les derniers jours, on a tendance à dire son texte de façon machinale. Il m’est même arrivé de répéter deux fois le même discours en ayant changé de salle ! Mais j’ai compris très vite que je venais de servir du réchauffé, fait une petite blague et les gens ont été relativement compréhensifs.

Comment gères-tu les visiteurs inattentifs, ou au contraire pleins de zèle qui veulent faire la conférence à ta place?

Voilà, je parlais des visiteurs compréhensifs, mais certains veulent clairement montrer qu’ils en savent plus que toi. Donc après leur avoir laissé exposer leur savoir, tu leur fais vite comprendre que bien que leurs remarques soient tout à fait pertinentes, le papa tenant son bébé dans les bras assiste également à ta visite et qu’il préférerait surement finir la visite dans le temps imparti… Quant à ceux qui sont inattentifs, je pense qu’on ne peut pas y faire grand-chose, s’ils s’ennuient en silence c’est toujours ça. Et si à un moment tu peux percevoir une lueur d’intérêt dans leur regard, c’est un peu gagné!

Les visiteurs ont-ils le réflexe de te laisser un pourboire?

Non! Peut-être parce que l’entrée du château où je travaillais était payante. C’était la partie un peu difficile et délicate, dire aux visiteurs que l’on était des guides bénévoles. Certaines personnes nous ont dit que c’était quelque chose que l’on devait clairement mettre en avant, alors plus on prend de l’assurance, plus ça devient possible de caser le fait que tu aimerais bien pouvoir mettre un peu d’argent de côté sur ton ridicule compte en banque d’étudiante. Et puis, c’est loin d’être du racket, si la visite n’a pas plu, ils ne vont pas se forcer non plus, soyons réalistes.

Quels bénéfices a eu cette expérience sur toi?

J’ai pu devenir bien plus à l’aise à l’oral devant un public, je me suis découvert de nouveaux centres d’intérêts et j’ai rencontré des gens vraiment très intéressants. C’était vraiment une bonne chose de pouvoir discuter avec des gens passionnés par les vieilles pierres, animés par des projets un peu fous. J’ai pu parler des langues différentes et voir à quel point les gens peuvent être contents que tu fasses cet effort. En bref, je recommande vivement cette expérience!

Mille mercis Cécile !

Cécile Guarinoni

Château de Keriolet

Rue de Keriolet
29900 Concarneau
02.98.97.36.50
http://www.chateaudekeriolet.com/

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