Plongée au coeur de l’ancienne Russie

Une plongée au cœur de l’ancienne Russie, ça vous tente ?

© Library of Congress, Procoudine-Gorsky Collection - Famille Procoudine-Gorsky

© Library of Congress, Procoudine-Gorsky Collection – Famille Procoudine-Gorsky

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Le musée Zadkine propose en effet de découvrir une sélection du travail de Sergueï Mikhaïlovitch Procoudine-Gorsky. Ce dernier (1863-1944) fut le pionnier d’un procédé photographique restituant avec précision la couleur, celui de la trichromie. Le tsar lui-même est impressionné  par ces images lors d’une projection à Saint-Pétersbourg en 1909 ; Procoudine-Gorsky est alors officiellement chargé de réaliser un reportage photographique sur l’ensemble de l’empire russe. Il traverse ainsi l’Oural, la Volga, la Sibérie, et se rend jusqu’en Azerbaïdjan, au Kirghizistan et en Ouzbékistan, effectuant des milliers de photographies. Ces images sortent du territoire russe en 1918 et sont acquises par la ville de Boston. Elles sont restituées au musée cette année à l’occasion du centenaire de la naissance de Procoudine-Gorsky.

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Ces clichés contiennent un paradoxe surprenant : étonnamment contemporains, ils nous replongent en même temps, d’une façon presque magique, dans l’ancienne Russie. Cette dernière est sublimée par la lumière et la couleur. Les verts, les bleus et les roses défilent sous nos yeux, révélant l’immensité de l’empire russe. On s’aperçoit dans la dernière salle de la diversité culturelle de la Russie, où l’on peut voir les steppes de l’Asie centrale et ses tissus chatoyants. La figure humaine, peu présente dans les photographies, laisse toute sa place au paysage. La poésie et la quiétude qui se dégagent de ces images sont celle de la « terre natale ressuscitée » du photographe, écrivant ainsi à un ami que « ces images sont éternelles ».
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Seul bémol, la scénographie. En effet les photos de Procoudine-Gorsky sont présentées à côté des sculptures de Zadkine – mais les deux médiums ne se marient pas très bien, les photographies étant placées pour certaines à des endroits peu stratégiques. Cependant, on apprécie le cadre paisible et reposant du musée Zadkine. Profitez-en pour observer à quelques pas du musée la façade de l’Institut d’art et d’archéologie (3 rue Michelet) classée aux monuments historiques.

 Juliette Chartier

« Voyage dans l’ancienne Russie », jusqu’au au 13 avril 2014

Musée Zadkine
100 bis, rue d’Assas, 75006 Paris
Ouvert tous les jours sauf lundi et jours fériés, de 10h à 18h

Plein tarif : 7€
Tarif réduit : 5€
Demi-tarif : 3,50€

Gratuit pour les étudiants en histoire de l’art/écoles d’art

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