Printemps de Bourges : J1, la journée de Stromae

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© Anaïs Lapel

L’actualité du journaliste type hier au Printemps de Bourges consistait en trois missions : obtenir sa carte d’accrédité, foncer à la conférence de presse de Stromae, pour finalement assister à son concert à 20h. Une journée qui commence tardivement, puisque l’ouverture de l’espace professionnel aux journalistes ne se faisait qu’à 17h.

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Ne restait plus qu’ à flâner dans une ville plutôt désertée par le festival. Le « Printemps dans la Ville », ce sont des bars et restaurants partenaires qui accueilleront quelques concerts gratuits cette semaine. « C’est dommage, regrette une libraire de l’hypercentre. On est bien loin du festoche babacool d’il y a vingt ans. Il y avait des défilés dans les rues… Aujourd’hui, il y a des grosses têtes d’affiche, alors depuis quelques années, la ville est de moins en moins impliquée. » A voir dans les jours à venir…

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Recontre avec Stromae : A 17h, retrait de la carte pour tous les journalistes. Juste devant moi, le jeune chroniqueur Maxime Musqua du Petit Journal, venu accomplir un défi inconnu sur la semaine. A 17h45, rencontre avec Stromae. 30 minutes. L’artiste de l’année, multi-récompensé, désigné par l’organisation comme un modèle en terme de projet artistique, commence par nous remercier et s’excuse de ne pas avoir accepté toutes les demandes d’interviews. Il se dit peu habitué aux festivals, et comme toute chose nouvelle, cela le stresse. Il dira plus tard au public « Je ne te cacherai pas que je fais caca mou…». Cherchant à être « sincère » avant toute chose, Stromae répondra à un journaliste anglais : « J’écris en français parce que c’est la langue dans laquelle je réfléchis et je pense ce que j’écris. Si l’anglais a une dimension internationale, c’est dommage de réduire la musique à une seule langue. L’ambition internationale n’est pas la raison pour laquelle je fais ce que je fais. »

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© Anaïs Lapel

Lorsqu’on le compare à de grands performers live tels que Lady Gaga, il remercie avant toute chose du compliment, puis ajoute « Je préfère me dire artisan[…] On fait sans doute le métier le moins utile du monde. Star, c’est une appellation, qui, excusez mon impolitesse, pète plus haut que son cul. » Les journalistes présents titillent, interrogent, veulent tout savoir du show à venir. L’artiste maintient le suspense et parle de son spectacle comme d’un « enchaînement de tableaux, unis par la dimension graphique ». Enfin, et pour finir, le morceau qui le définit le mieux ? « Moule-frite, sans doute. C’est le moins premier degré. C’est ce qui me ressemble le plus. »

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Concert inaugural : A 20h, le jeune homme entre en scène. La salle est complète, accueille un public jeune et âgé, venu en couple, en famille, entre potes,  et déborde à  l’extérieur des limites du barnum dressé pour l’occasion sur le plus grand parking de la ville. Et Stromae sera à la hauteur des attentes de son public, inaugurant ce festival avec un spéctacle complet. Showman, il veut rester fidèle à son enregistrement et y ajoute une présence scénique forte par sa danse et son jeu, allant jusqu’à rejoindre ses musiciens derrière les batteries electroniques.

Ce touche-à-tout nous emmène dans un univers dessiné dans les formes de sa nouvelle ligne de vêtement, Mosaert, avec des jeux de lumières ultra-graphiques, un écran animé de paysages, d’illusions d’optiques et d’une véritable armée de danseurs conçus pour soutenir le chanteur dans une performance « essouflante », selon ses termes, comme un aveu au public qui pourrait bien prendre cet homme pour un être surnaturel.  Accompagné de musiciens et d’une équipe technique riche, Stromae a élaboré un show généreux à tout point de vue, et crée la surprise par la chanson « Tous les mêmes » a capella avec ses musiciens devenus chœur, qui conclut ce show en maintenant le public en haleine, ébahi de cet artiste plein de surprises et de talents.

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Anaïs Lapel

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