Printemps de Bourges : interview de Miso Soup

Miso Soup, interrogé par Stéphane Chambord de Radio Résonance.

© Anaïs Lapel

© Anaïs Lapel

Comment te présenterais-tu aux gens qui ne te connaissent pas encore ?

Artiste électronique, avec beaucoup d’influences notamment japonaises. J’ai 28 ans. Je travaille pour une boîte de jeux vidéo et une boîte de publicité sur Lyon.

De jeux vidéo ?

Ça me permet vraiment de travailler ma musique. J’ai une culture dite « geek », même si je n’aime pas ce mot. Ca a beaucoup influencé ma musique, Final Fantasy par exemple.

Quel est ton passé musical, avant Miso Soup ?

J’ai commencé par le rock, puis vers 16/17 ans je me suis un peu plus intéressé à la musique électronique, et j’ai rencontré des gens qui m’ont donné envie de faire des sons. En débarquant sur Lyon, j’ai rencontré la personne qui m’a présenté à Bee Record, mon label jusqu’à présent.

Tu as décrit toi-même, par le passé, ton travail comme « dancefloor, Japon, bourrin, calme, mélange, pas kawaii ».

J’ai commencé par dancefloor parce que j’ai une culture de la soirée électronique, qui défoule, qui fait danser. J’admire les gens qui me font ça et j’aimerais faire pareil. Japon parce que c’est une culture qui m’inspire beaucoup de façon générale, voire qui guide mon travail. Bourrin, parce que j’ai tendance à faire beaucoup de HeadBangs quand je mixe (agiter la tête), et je souffre des cervicales le lendemain. C’est l’esprit rock qui persiste. J’aime bien montrer que quand je joue, je vis ma musique jusqu’à m’en défoncer les cervicales. Calme, pour balancer, c’est moi à côté de ma musique. L’électronica permet d’évacuer pas mal de tensions, et mon calme découle de cette musique.

Mélange, c’est ma recherche musicale pour ne pas rester dans le copier-coller de la musique électronique actuelle. Clarke, que je considère comme un monstre de la musique, je trouve, y arrive très bien. Il crée des sons, comme des nappes. C’est puissant. On retrouve ce côté aléatoire, cette idée que l’on a un projet initial, qui ne ressemble à rien de ce que l’on avait prévu au final. Et pas kawaii, parce que je n’aime pas les stéréotypes sur la culture japonaise, trop kawaii, qui réduisent cette culture à des trucs kikoulol, comme on dit. Je préfère approfondir des choses liées à leurs modes de vies, ce genre de choses plus discrètes.

Tu as d’ailleurs appelé ton dernier album Hanami, tu peux nous expliquer de quoi il s’agit ?

Pendant le fleurissement des cerisiers sur tout le territoire Japonais, il existe une fête, Hanami, au cours de laquelle tout le monde se bourre la gueule sous les cerisiers pour célébrer le Printemps. Et du coup, c’est la combinaison de cet aspect très contemplatif du renouvellement de la nature et le côté plus trash et festif qui m’intéressait. J’ai justement mis un proverbe dans mon album, qui dit que si les fleurs de cerisiers sont si rouges et si roses, c’est parce que des cadavres dorment en dessous. Ce mélange de calme et de violence résume assez bien mon album.

C’est pour ça qu’on a entendu parler d’une collaboration avec Schlaasss ?

Oui c’est en préparation. J’adhère totalement à Schlaasss : c’est une super rencontre avec Pethrol lors des sélections.

Si tu ne devais choisir qu’un morceau ou qu’un album, ce serait…

Finally we are no one de Mum, qui m’a poussé à me lancer dans la musique électronique, surtout dans sa dimension mélodique. C’est une découverte de ma mère, en plus. Il peut être triste ou plus joyeux : tu as de quoi faire pour toute ta vie !

Ta façon de travailler est très portée sur les émotions, on dirait.

Oui, mais il n’y a pas de corrélation entre mon humeur et la composition sur le coup. Je n’ai pas d’état d’esprit particulier pour composer, tout se fait au feeling, de façon très instinctive. Puis après je réécoute mes morceaux en dehors du studio, les oreilles plus aérées, dans mon MP3, puis si je remarque quelque chose, si des idées me viennent, je donne dans mon Moleskine dès que je tique.

Les prochains projets ?

Schlaasss, un nouvel EP, de nouvelles collaborations, peut-être avec Fakear. Mais dans l’immédiat, à mon retour, me reposer.

Propos recueillis par Anaïs Lapel

Miso Soup :

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