14, Visages et Vestiges de la Grande Guerre

© Louise Ganesco Deglin / Je beurre ma tartine

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Parmi les innombrables évènements organisés dans le cadre du centenaire de la Première Guerre Mondiale, il en est un qui se distingue de par son environnement, son accessibilité et son propos. L’exposition photographique « 14, Visages et Vestiges de la Grande Guerre », installée à la Gare de l’Est jusqu’au 30 novembre, présente un travail débuté il y a plus de quinze ans par l’artiste Didier Pazery autour du conflit de 1914-18.
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© Pieter-Jan Louis http://photographie.pl/

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Les œuvres prennent place sur d’immenses panneaux suspendus dans les différents halls de la gare, ainsi que de tirages plaqués sur les grilles d’entrée du bâtiment. Manifestation publique, dans un lieu de passage et de mixité, l’exposition marque par son caractère résolument contemporain : il s’agit avant tout d’un regard actuel porté sur l’Histoire, et sur les traces qu’ont laissées dans notre présent ces quatre années tragiques.
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© Louise Ganesco Deglin / Je beurre ma tartine

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Pas de misérabilisme ni de patriotisme exacerbé ici, mais plutôt un constat objectif et impartial. « 14, Visages et Vestiges de la Grande Guerre » se décompose en trois parties : des portraits des derniers Poilus, des natures mortes d’objets et instruments en lien avec la Guerre, et des paysages récents portant les marques des conflits passés.
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© Louise Ganesco Deglin / Je beurre ma tartine

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Les anciens combattants, immortalisés déjà centenaires entre 1997 et 2008, brandissent au-dessus de nos têtes des photographies d’eux à l’aube de leur vie – enfant tenant un cerceau ou jeune militaire fringuant. Le contraste entre les deux « versions » du même individu est singulier, frappant. On comprend tout de suite ce qu’a souhaité mettre en avant Didier Pazery : les séquelles du temps qui passe et les vestiges d’une vie, de la vie.
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© Pieter-Jan Louis http://photographie.pl/

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Ces œuvres se font d’autant plus impressionnantes qu’elles nous projettent dans le vécu du lieu, qui, cent ans après, est plus volontiers associé à une plateforme multimodale bondée qu’au départ des soldats mobilisés. Plus que tout, on apprécie ici le mélange des nationalités : Français côtoient Allemands, Italiens, Américains, Sénégalais… Ce qui permet finalement de nous sentir plus proche de la réalité historique : la Grande Guerre n’a-t-elle pas affecté tout le monde ?
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© Pieter-Jan Louis http://photographie.pl/

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Les objets, quant à eux, sont certainement ceux qui nous parlent le plus de par leur froide vérité. Deux masques à gaz côte à côte sur un fond noir, comme deux crânes aux orbites évidées. Cet ensemble de photographies prises à partir des collections du Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux évoque de façon fantomatique la vie quotidienne dans les tranchées.
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© Pieter-Jan Louis http://photographie.pl/

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En effet, le photographe n’a pas souhaité se limiter aux tenues martiales : il a étendu son travail aux gamelles de métal servant à la prise des repas, ou encore aux productions peu connues des soldats « artisans » (obus sculptés et instruments de musique de fortune réalisés à partir de gourdes).
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Vestiges de bombardement sur le champ de bataille de Vimy (2008). © Didier Pazery / 14 Visages et Vestiges de la Grande Guerre

Vestiges de bombardement sur le champ de bataille de Vimy (2008). © Didier Pazery / 14 Visages et Vestiges de la Grande Guerre

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Enfin, les paysages déserts capturés par Didier Pazery réussissent, avec une facilité déconcertante, à évoquer les horreurs des combats. Il faut croire que parfois, la puissance expressive d’un champ de croix blanches ou d’un terrain accidenté surpasse celle des cadavres et des armes. Ces prises de vues, contemporaines, témoignent de toutes les séquelles de la Première Guerre encore bien présentes dans notre environnement.
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© Pieter-Jan Louis http://photographie.pl/

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« 14, Visages et Vestiges de la Grande Guerre » nous rappelle, sans lourdeur ni apitoiement, comment le conflit a laissé des traces indélébiles dans notre société, façonnant les campagnes et projetant une ombre qui plane encore sur nos esprits. Plus qu’un devoir de mémoire, cette exposition se fait le constat des actions humaines et de leurs lourdes conséquences.
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« 14, Visages et Vestiges de la Grande Guerre »
A la Gare de l’Est, jusqu’au 30 novembre 2014
Plus d’infos : http://www.expo14.com/

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