Julie Lansöm x JBMT

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Quand Julie Lansöm a frappé à la porte de JBMT pour nous présenter ses nouvelles lampes Sputnik, elle ne se doutait certainement pas de l’engouement qu’elle provoquerait. Photographe et designer, talentueuse et créative, elle n’est pas sans nous rappeler la délicieuse Ana Kras.

Son univers délicat et un brin nostalgique se matérialise dans des tapis tressés et des lampes tissées à la main par la jeune femme, telles des toiles d’araignée sculpturales et colorées. Jouant aussi bien sur l’objet que sur le rapport qu’il entretient avec son environnement, elle renouvelle complètement les espaces par ses créations.
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© Julie Lansöm

© Julie Lansöm

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Bonjour Julie,

Tu travailles à la main et à la commande sur chacune de tes pièces ; te considères-tu plus comme une artiste ou un artisan, voire cherches-tu à allier les deux ?

J’ai toujours eu beaucoup de difficultés à mettre des mots sur ce que je fais et ce que je suis. Lorsque les gens me demandent ce que je fais, je réponds que je fabrique des objets. Ça ne veut pas dire grand-chose et c’est en même temps la pure vérité. J’ai du mal à me nommer « artiste », « designer », « artisan », je laisse aux autres le soin de m’appeler comme ils le veulent.

Ce qui est certain, c’est que le travail artisanal fait partie intégrante de ce que je fais, et c’est volontaire. Je ne souhaite absolument pas déléguer ce boulot à quelqu’un d’autre. Les longues heures de peinture et de tissage sont très importantes pour moi et sont même devenues essentielles. Elles me permettent de réfléchir ou même de me vider la tête. Designer des objets n’est un but, je veux réellement continuer à les fabriquer, au moins en grande partie, moi-même.
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© Julie Lansöm

© Julie Lansöm

 
T’adaptes-tu aux personnalités de tes commanditaires ? Si oui, quelles correspondances établis-tu entre une personne et un objet ?

Je m’adapte de toute évidence aux désirs de mes clients. Ce sont eux qui choisissent leurs formes et me donnent les palettes de couleurs qu’ils désirent. Mais je leur fais ensuite des propositions et nous nous mettons d’accord. Je mets une partie de moi dans chaque lampe, ne serait-ce qu’à travers le choix de l’emplacement des couleurs. J’ai la chance de travailler pour des gens qui me font confiance et acceptent les propositions que je leur fais. Les objets créés sont donc ensuite un petit bout d’eux, tout comme ils sont une partie de moi. C’est un peu notre bébé en fait, haha.
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© photo Melvin Israel

© photo Melvin Israel

 
Qu’il s’agisse de tes lampes, de tes tapis ou de tes photographies, les teintes que tu utilises sont toujours douces et presque pastel. Est-ce un choix délibéré de ta part ?

J’ai toujours eu une obsession pour les couleurs. C’est très présent dans ma vie, même à travers la manière dont je m’habille ou me maquille. Les couleurs sont donc à la base de mon travail d’une manière générale. J’aime les teintes douces, pastels, automnales, mais aussi les couleurs franches. L’association des couleurs représente une grande partie de ce que je fais et je passe pas mal de temps à tenter de nouvelles combinaisons possibles. J’ai la chance de faire des objets qui sont déclinables à l’infini, et les possibilités sont infinies. Je ne pourrai jamais m’ennuyer.
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© Julie Lansöm

© Julie Lansöm

 
Les Sputnik semblent sortir tout droit des années 60/70 ; d’où te vient cette passion pour le rétro ?

Mon père est marchant d’art et j’ai passé beaucoup de temps à fouiller dans les brocantes. Les lampes Sputnik sont une combinaison d’ancien et de moderne. Le système d’encoches et de fils tendus me vient d’une lampe des années 60 chinée aux puces. Elle était faite dans un très mauvais contreplaqué et avait des couleurs et une forme un peu tristes, mais je me suis tout de suite dit qu’il y avait quelque chose à faire avec ça.

Un jour, alors que je cherchais un luminaire pour mon appartement, j’ai ressorti cette lampe et ai commencé à réfléchir à ce que je pouvais en faire. Je me suis mise à créer plusieurs abat-jours à partir de ce système d’encoches, en modifiant les formes, l’échelle des abat-jours (qui sont beaucoup plus grands) et les couleurs. Puis j’ai utilisé les encoches autrement, en essayant de créer des motifs différents. Je me suis prise au jeu et aujourd’hui je me retrouve à gagner ma vie grâce aux Sputniks !
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53_Julie Lansom - Sputnik lamps _v2

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On peut établir une comparaison entre ton travail et celui, cité en introduction, d’Ana Kras. Est-ce une personne qui t’inspire particulièrement ?

C’est vrai que la comparaison revient régulièrement. Je ne connaissais pas son travail lorsque j’ai commencé à fabriquer les Sputnik lamps. Je dois avouer que je n’ai pas pour habitude de regarder ce qui se fait chez les autres designers. Mon approche est très simple, je préfère me concentrer sur mes idées et mes inspirations ne me viennent pas directement du monde du design. Mais rapidement les gens ont commencé à me parler d’Ana Kras. J’ai alors fait des recherches sur son travail et maintenant que je sais ce qu’elle fait, je prends ça comme un compliment ! Je trouve ses lampes absolument magnifiques !
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Penses-tu que venir d’une petite ville du Sud de la France ait influencé ton travail ?

Probablement. Je ne sais pas en quoi, je pense que l’inspiration n’est pas quelque chose de concret que l’on se prend en pleine tête, mais plutôt quelque chose que l’on trouve dans tout ce qui nous entoure et que l’on digère sans même s’en rendre compte. Le fait de venir de Provence a influencé qui je suis, c’est certain, j’imagine donc que cela a influencé mon travail, au même titre que les voyages que j’ai fait, les rencontres, et ma vie quotidienne.
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© photo Amandine Paulandré

© photo Amandine Paulandré

 
Que t’apporte le design par rapport à la photographie ? Aimerais-tu te consacrer à d’autres media ?

Ce sont deux choses assez différentes pour moi, même si je peux établir des similarités entre les deux, notamment dans l’importance des formes et des couleurs. La sensibilité est la même, forcément, dans les deux domaines mais il est difficile de saisir ce que chacun des deux apporte à l’autre…

J’ai envisagé de faire de la vidéo pendant un moment, mais je n’ai pas trouvé le temps jusqu’à présent. Chaque chose en son temps !
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© Julie Lansöm

© Julie Lansöm


Comment fonctionnes-tu pour photographier tes propres créations ?

C’est très pratique d’être en mesure de documenter tout ce que je fais moi-même. Et ça aide probablement à conserver une certaine cohérence dans mon travail. Lorsque l’on se balade sur mon site, je ne crois pas qu’il y ait de rupture nette entre les catégories PHOTO et DESIGN. Je pense que les deux se font écho et me ressemblent.
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Quel type d’appareil photo utilises-tu ?

Principalement un Canon AE-1. J’ai quelques compacts aussi pour mes voyages.
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© Julie Lansöm

© Julie Lansöm

 
Aimes-tu travailler en musique ? Si oui, des titres en particulier ?

J’ai une grosse tendance à la chanson triste ou nostalgique. Et le pire c’est que cela ne me déprime pas, contrairement à certains de mes amis lorsqu’ils viennent me voir haha. Ça me calme et me met dans un état d’esprit tout à fait propice au long et minutieux travail que j’ai à faire.

J’ai saigné tous les disques de Leonard Cohen, Bonnie Prince Billy, Bill Calahan, Damon Albarn, Elliot Smith, Jose Gonzalez et bien d’autres en tissant. Mais j’ai parfois besoin d’un petit coup de boost pour ne pas m’endormir et je passe aux Black Keys, Smiths, Grizzly Bear, Fever Ray, The Streets et je ne dis pas non à un petit Rihanna de temps en temps.
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Trouves-tu de l’inspiration dans les livres, au cinéma, dans les musées..?

Dans tout. Dans les expositions que je fais, les films que je regarde (notamment les films de Sci-Fi, auxquels je voue un grand culte), la nature, l’architecture, la mode. Le monde est une source d’inspiration intarissable.
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© photo Amandine Paulandré

© photo Amandine Paulandré

 
Des projets de design en tête ?

Des tonnes ! Je suis pas mal prise par les Sputnik lamps en ce moment, les choses se précipitent ! Mais j’ai plein d’autres idées, de tables, de tabourets, d’étagères que je veux développer. Je participe au salon « Now le Off » à la Cité de la mode et du design du 6 au 13 septembre à Paris mais, après ça, je vais essayer de me dégager du temps pour fabriquer les choses que j’ai en tête depuis un moment ! 

 

Merci Julie !

Plus d’informations : http://www.julielansom.com/

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