Mina Tindle x JBMT

© Mina Tindle

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On avait épluché avec délice l’écorce subtilement odorante de son premier album Taranta, et voici que Mina Tindle revient avec un nouvel opus au nom coloré de « Parades ». Un disque plus affirmé, plus osé, plus chatoyant, mais toujours aussi juste dans ses textes, composé le temps d’un été à la manière d’un défi. Face à cela, il nous est bien difficile de ne pas succomber à la chanteuse-compositrice, dont on découvre la personnalité très sensible – au sens premier du terme. « Le voyage, c’est ce qui réveille l’âme », dit-elle. Alors, en route.

© Mina Tindle

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Bonjour Pauline, cet album s’avère plus affirmé que le premier, et en même temps tu l’as composé assez rapidement : as-tu l’impression qu’il t’est venu naturellement ?

Oui, parce que le premier album contenait des chansons que j’avais écrites bien avant, et qu’il n’était pas toujours facile de savoir ce qu’il fallait faire alors. Cette fois-ci, après deux ans de tournée, j’étais dans un élan, et je voulais relever un défi personnel : écrire pendant un été. J’avais envie de figer un moment , un état d’âme. Je ne pense pas que cet album me corresponde mieux que le premier ; il est différent, puisque forcément j’ai évolué entre-temps. Et je pourrais peut-être mettre sept ans à faire un prochain album, il n’y a pas de règles…

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L’album est aussi plus rythmé que le précédent, est-ce dû à de nouvelles influences musicales ?

Cet aspect est d’abord dû à la façon dont on a enregistré l’album, puisque l’on a commencé par les batteries – et pas n’importe quelle batterie, celle de Brian McOmber du groupe des Dirty Projectors. Aussi, durant les longues heures de van en tournée, on écoutait aussi bien du R’n’B que du jazz ou de la bossa nova.

Dans quel environnement te sens-tu le mieux pour composer ?

Ça dépend, mais en général c’est assez isolé. Pour cet album, j’avais une sorte de rythme monacal : j’étais à Paris, j’allais le matin à la piscine et ensuite je travaillais toute la journée. C’était assez solitaire, même si j’envoyais ensuite mes compositions à Olivier Marguerit. Au final, l’écriture d’une chanson se fait à la manière d’une révélation, un moment magique : elle apparait d’un coup, comme une évidence. Après, bien sûr, on peut passer des mois à la retravailler.

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D’après toi, quelles sont les conditions idéales pour écouter cet album ?

J’écoute beaucoup de musique en voiture, ou en marchant. L’album est aussi à écouter avec des gens que l’on aime. Après, bien sûr, c’est ma propre vision !

Un souvenir de live à partager ?

Il y en a eu beaucoup. D’abord, toutes les dates qui nous ont permis de voyager : on est allés en Bolivie, en Allemagne… ce sont des moments assez magiques, et c’est intéressant de voir comment le public réagit très différemment selon les pays – par exemple, en Bolivie, il est assez difficile de concevoir un concert dans lequel on ne va pas danser. On a également joué dans des prisons en France, c’était très beau.

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Si Mina Tindle était un voyage ?

Ce serait un voyage, dans le sens d’un trajet. Pour moi, ce n’est pas tellement le but du voyage qui importe. Le voyage, c’est ce qui réveille l’âme. Même si j’ai des racines méditerranéennes, aller vivre à New York, la terre des contrastes, m’a énormément apporté. Je ne connais pas l’Asie ni l’Afrique, j’ai envie d’aller voir là-bas.

Et pour terminer, quel est le plus beau compliment que l’on puisse faire sur ta musique ?

Le fait que l’on écoute ma musique est déjà un très beau compliment. C’est aussi une grande satisfaction si je sais que je peux transmettre une émotion : quelqu’un me disait récemment qu’il avait vécu une rupture, et qu’il avait écouté une de mes chansons en boucle parce qu’elle exprimait exactement ce qu’il ressentait sur le moment.

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Mina Tindle, nouvel album « Parades »
http://minatindle.com/

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