Un week-end dans le Nord-Pas-de-Calais – Trois expositions

Je vous vois venir en lisant le titre, en train de vous dire « la pauvre, elle est partie en week-end dans le Nord, là où il fait toujours gris, où il pleut et où il n’y a que des mines de charbon ». Je vous arrête tout de suite. J’y suis allée pendant les fêtes de fin d’année où j’ai pu profiter de la grande roue de Lille sous un ciel bleu (oui, oui !) mais surtout de la vie culturelle intense de la région. Je ne vous parlerai donc pas de l’exposition Des animaux et des Pharaons au Louvre-Lens ni de l’exposition Passions secrètes au Tri Postal à Lille. En revanche, j’en ai sélectionné trois autres tout à fait intéressantes.
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Sesostris III – Palais des Beaux-Arts de Lille


© Palais des Beaux-Arts de Lille

© Palais des Beaux-Arts de Lille

J’ai commencé mon week-end par l’exposition Sesostris III présentée à Lille et reconnue d’intérêt national. Je ne voue pas une passion particulière à l’Egypte, je n’avais d’ailleurs jamais entendu parler de ce Pharaon auparavant (ne me huez pas, je suis sûr que c’est le cas de beaucoup d’entre vous aussi). Cependant, j’ai toujours admiré les capacités créatrices ainsi que le savoir-faire des Egyptiens ; je suis donc toujours curieuse quant il s’agit de découvrir cette civilisation et je n’ai pas été déçue. Cette exposition est un véritable voyage dans l’Egypte ancienne.

Sesostris III est finalement un «prétexte» et un point de départ pour découvrir le fonctionnement politique, social et funéraire de cette population. La plaquette explicative ainsi que l’application pour smartphone sont bien rédigées et claires, contrairement à la muséographie, plus confuse. En effet, on a tendance à avoir des difficultés pour s’orienter. Il est possible que cela ait été renforcé par le fait que le jour où j’y suis allée, l’exposition était littéralement bondée de monde (en provinciale que je suis, je me suis crue à Paris). Il était donc difficile d’accéder aux œuvres et de trouver les petits numéros de repérage.

Œuvres, par ailleurs, magnifiques et venant du monde entier. Un très beau travail a été fait pour rassembler toutes ces pièces et les mettre chacune en valeur. Parmi celles qui m’ont le plus marquée, il y a la représentation de Sésostris III autoritaire et vigilant les mains posées à plat sur son pagne prêtée par le British Museum, qui nous accueille à l’extérieur-même de l’exposition. Je retiens aussi, évidemment, le Sphinx de Sésostris III venu du Metropolitan Museum of Art, qui est tout simplement un chef-d’œuvre de par la minutie de sa réalisation ainsi que par son état de conservation. Enfin, on peut noter également le travail réalisé pour reconstituer la tombe de Djehoutyhotep, idée originale et immersive.

C’est à voir jusqu’au 25 janvier au Palais des Beaux-Arts de Lille, et je vous la recommande vivement !
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Camille Claudel, au miroir d’un art nouveau – La Piscine de Roubaix


© Musée de la Piscine de Roubaix

© Musée de la Piscine de Roubaix

Le lendemain, je me suis rendue à l’exposition que je voulais absolument voir et à laquelle il y avait également énormément de monde. Ici, c’est une manifestation à la fois chronologique et thématique qui nous est proposée autour de onze salles évoquant, pour la plupart, le nom de créations de Camille Claudel. Bien que j’aurais aimé qu’il y ait moins de monde pour mieux profiter des œuvres, voir toutes ces réalisations exposées m’a vraiment émue, car ce ne sont pas simplement des sculptures, ce sont des histoires qui sont racontées dans chacune d’elles, en lien direct avec le vécu de l’artiste. Par ailleurs, on peut noter la quasi-absence de panneaux explicatifs pour accompagner les œuvres, ce qui est pallié par un livret distribué à l’entrée et qui permet de remettre dans les œuvres leur contexte.

La salle consacrée à La valse m’a marquée plus que les autres, avec l’alignement des multiples versions de la sculpture, mais surtout avec, au centre, l’exemplaire réalisé en 1793 et dirigé par Dayot. Bien que je ne sois pas sensible à l’ensemble des réalisations de Camille Claudel ou à la vue des multiples têtes de bébés, le fait de réunir toutes ces œuvres est exceptionnel et en ce sens, il faut voir cette exposition pour célébrer et reconnaître le travail de l’artiste.

Elle est à voir jusqu’au 8 février et si, d’ici là vous n’avez pas le temps d’y aller, un musée Camille Claudel ouvrira à l’automne 2015 à Neuilly-sur-Seine.

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Arras vous fait la cour – Musée des Beaux-Arts d’Arras


© Arras - Château de Versailles

© Arras – Château de Versailles

J’ai ensuite conclu mon week-end culturel en me rendant à la deuxième exposition organisée à Arras en collaboration avec le Château de Versailles. Après les carrosses, on met en avant, ici, 100 chefs-d’œuvre possédés par le palais. C’est donc une belle occasion pour les personnes ne pouvant se rendre au Château de découvrir ces pièces et de se sentir à Versailles sans y être. Par ailleurs, cette exposition est également l’opportunité de voir des œuvres habituellement non-exposées, comme c’est le cas avec la sculpture Apollon servi par les nymphes où une copie, et non l’originale, est présente dans les jardins du Château.

Ce que j’ai apprécié dans cette exposition, c’est avant tout le côté très immersif rendu possible grâce à une scénographie réfléchie et inventive jouant beaucoup sur les trompe-l’œil. Cela est très présent dans les espaces consacrés aux « Eaux et fontaines », où un voile nous entoure et recrée une fontaine avec, en plus, une source sonore rappelant l’eau qui coule. Même sensation immersive avec la salle dédiée aux « Bosquets et parcs », où l’on a le sentiment d’être dans un labyrinthe grâce au voile recréant des haies et aux animaux présents un peu partout. De ce fait, cette exposition devrait beaucoup plaire aux plus jeunes.

Par ailleurs, j’ai aussi apprécié la diversité des objets présentés: sculptures, tableaux, mobilier, instruments de musique ou encore tapisseries. Tout le monde devrait donc pouvoir y trouver son intérêt.

Vous n’êtes, cependant, pas obligé de vous presser pour y aller, car ces chefs-d’œuvre seront exposés jusqu’au 20 mars 2016 au musée des Beaux-Arts d’Arras.

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