Carmen Marchena, le Groënland en argentique

 © Carmen Marchena

© Carmen Marchena

Un Leica M6, une pellicule Lomo 400 et une tente plantée au Groënland. Carmen Marchena a délaissé ses terres galiciennes pour les étendues désertes et les glaciers du Pôle nord, vues immortalisées sur le papier comme des bandes bleues et roses granuleuses parsemées de nuages vaporeux.

Étonnamment, les photographies rendent moins l’impression d’une terre vaste que d’un monde confiné, ceinturé de montagnes – effet renforcé par les bordures plus sombres des clichés, venant focaliser notre attention sur le centre de l’image. Les teintes, chaudes, confèrent au ciel une dimension pesante, à la manière d’une lourde chape.

 © Carmen Marchena

© Carmen Marchena

Il est si agréable de découvrir un autre visage de ces espaces, généralement illustrés en 4:3 haute définition, brillants et bleu piscine, dont le potentiel d’évocation s’est affadi avec le temps pour ne plus évoquer qu’un fond d’écran Windows 98. Les lieux déserts et inaccessibles sont dépouillés de leur aura froide au profit de zones à contempler à l’aurore au sortir de sa tente. Les lacs gelés sont repeuplés, les icebergs à taille humaine perdent leur aspect menaçant.

Ce sont des paysages entièrement renouvelés qui s’offrent à nous, glacés, caillouteux et fleuris, loin de la sobriété immaculée habituelle. Une ambiance toute particulière s’en dégage, presque perturbante ; on semble mettre les pieds une autre planète, semblable mais non identique à la Terre, à la manière d’un rêve trop réaliste.

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Carmen Marchena Galerie Flickr

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