The Satellite Girl and Milk Cow

Anima Présentation : « Un vieux satellite désactivé s’écrase sur la terre. Sa chute provoque l’apparition de phénomènes paranormaux et loufoques. C’est d’abord un jeune musicien qui, à la suite d’un chagrin d’amour, se retrouve transformé en vache laitière. Effrayé par sa nouvelle condition, il quitte la ville et rencontre alors le satellite devenu une jeune fille, Miss Satellite. Fous rires et émotions garantis. »

Pour introduire ce film, il me parait important de faire un bref historique de ce qui m’est apparu comme une clé de lecture. Moins connu et renommé que son voisin japonais dans le domaine, la Corée du Sud présente pourtant une histoire du cinéma d’animation presque aussi importante.

De fait, ils sont très liés dans le cadre d’un procédé économique courant : la sous-traitance par les pays sous-développés. Aussi, des chefs-d’œuvre tels que Naruto ou la Princesse Mononoké, s’ils ont vu le jour en tant qu’idée sur les îles nippones, ont pris forme en Corée. Mais, quasi-spécialiste du domaine, le pays a vu également grandir sur son sol des projets de renommés internationale, venus des Etats-Unis, tels que les Simpsons, Phineas et Ferb ou Teen Titans. Ces personnages, aux styles graphiques multiples, ont été autant de sources d’inspiration pour un cinéma d’animation coréen en création.

Et cela se sent. Le film est éminemment asiatique par son style graphique prédominant et certains éléments de fiction (personnages-animaux, géants de métal…), mais il présente une forme d’allègement par rapport à celui-ci. Le style est moins propre, et certains personnages, comme le magicien-papier toilette, relèvent plus de l’anecdote d’un humour plus trivial que l’onirisme japonais-aussi étrange puisse-t-il être- ne propose.

En bref : un satellite mis en orbite il y a 6 ans cesse de fonctionner. Lorsqu’il entend le chant d’un jeune musicien de rue, il se résout à le trouver sur terre. La jeune fille-satellite, très connaisseuse des hommes qu’elle a photographiés depuis l’espace depuis des années, va elle-même se confronter à sa part d’humanité, notamment dans une romance pas banale.

The Satellite Girl and Milk Cow © JANG Hyung-yun

The Satellite Girl and Milk Cow © JANG Hyung-yun

Je peux dire que je n’ai jamais vu rien de tel au cinéma. La logique n’a sans aucun doute pas régi ce film qui s’adresse pourtant avec efficacité aux petits comme aux grands. Il présente cette richesse d’être conscient de ses influences culturelles et d’en jouer avec intelligence. Comme lorsque le piano du jeune musicien s’envole dans le ciel, dans ce qui aurait pu être caricaturé d’ascension musicale lyrique et spirituelle de son âme, et que l’on retrouve aisément dans le cinéma d’animation asiatique.

Le tout est, en vérité, porté par le magicien-papier toilette, qui, dans la révélation de son épuisement, met fin de façon brutale à ce moment de romantisme exacerbé. On ne peut pas dire que le cinéaste ait renoncé à ces instants kitsch que l’on connait trop bien, mais il a su parfois trouver de quoi satisfaire les esprits moins rêveurs par son humour trivial et décalé. De même, la romance elle-même se fait d’un coup plus intéressante lorsqu’elle unit un satellite à une vache à lait holstein…

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