Vianney x JBMT

Depuis plusieurs mois, j’étais curieuse du succès de Vianney, à la fois auprès de la profession et du public. J’ai donc eu envie de découvrir un peu plus la personnalité de cet auteur-compositeur-interprète et le moins que l’on puisse dire, c’est que je n’ai pas été déçue, tant il est passionnant à écouter.

© Idées blanches - Vianney

© Idées blanches – Vianney

Bonjour Vianney ! Peux-tu nous raconter comment tu es arrivé dans le milieu de la musique ? Mes parents ne sont pas du tout dans la musique donc je ne connaissais personne dans ce milieu. Finalement, c’est une affaire de rencontres, un énorme hasard. Ma toute première rencontre, c’est un ami de mon père qui était batteur, musicien amateur ; il m’a fait rencontrer d’autres musiciens et on a fait un petit groupe. Dans ce groupe, il y avait un guitariste, qui connaissait un architecte, qui bossait avec ma manageuse… Tu vois, c’est un truc hyper éloigné. Du coup, c’est ma manageuse le point de départ, je l’ai rencontré il y a quatre maintenant et voilà, c’est parti comme ça.

Quel est ton processus de création ? Tout part d’une idée, une idée très précise, ça peut être une image qui m’a vraiment ému à un moment donné… Parallèlement à ça, le point de départ, c’est aussi une mélodie. Dès que j’ai une idée, je cherche la mélodie qui pourrait aller avec. Elle vient toute seule, j’essaie dans ma chambre et ça marche… Ensuite je vais broder, je vais pousser l’idée plus loin, la rendre plus explicite.

Pourquoi as-tu appelé ton album Idées blanches ? C’est ce qui définit le mieux l’état d’esprit de l’album, des chansons, mais aussi mon état d’esprit au quotidien. Les «idées blanches» c’est l’optimisme, c’est un idéal. Il y a aussi un côté candide. Les «idées blanches» c’est tout ça, mais c’est surtout un message positif : je crois que ce qui ressort de ces chansons, alors même que les thèmes ne sont pas forcément toujours heureux, c’est l’idée de se détacher des choses malheureuses et des choses trop heureuses d’ailleurs, pour prendre de la hauteur. J’essaie de faire ça au quotidien et je pense que ça ressort dans l’album.

C’est vraiment très relativiste comme état d’esprit … Mais je pense qu’on n’est libre qu’en se détachant des choses. J’ai fait des voyages et c’est ce que je recherchais dans les voyages: vivre des choses tellement heureuses à un moment donné permet de relativiser le reste, parce qu’on a vécu quelque chose de trop fort. Mes voyages m’ont transformé, du coup, je n’ai pas peur, je n’ai pas le trac parce que je suis libéré de toute la pression qui peut être générée par les choses trop positives ou trop négatives.

Qu’est-ce-qu’on ressent quand on est tout jeune musicien et que l’on rencontre des artistes dont on admire ou apprécie le travail ? Il n’y a pas beaucoup d’artistes que j’admire vraiment, il y en a énormément que j’adore mais que j’admire, ça se compte sur les doigts de la main. Il y a Dick Annegarn, Vincent Delerm, Pierre Lapointe, Maxime Leforestier… Là, je pense aux contemporains. De ces gens, ceux que j’ai pu rencontrer, en l’occurrence Delerm et Annegarn, je les aime encore plus parce qu’ils correspondent exactement à ce que je connais de leurs chansons, de leur art. Comment j’ai vécu ça ? Dick, pour le coup, ça m’a vraiment fait un truc parce que c’est toute mon enfance, c’est ma famille… Pour moi, c’est le seul génie qui nous reste en musique, et rencontrer un génie, c’est quand même fantastique. Et Delerm, il a été super avec moi quand je suis arrivé dans le label. Il a été très humain, il m’a accueilli et pris sous son aile. Pareil, ça ne m’a pas étonné du personnage que je croyais percevoir dans les chansons.

Beaucoup d’artistes disent qu’ils font ce métier principalement pour la scène, est-ce le cas aussi pour toi ? Non, non, moi ce qui compte, ce sont les chansons. La scène c’est le prolongement de tout ça. Franchement, j’adore la scène, ça fait partie du tout, mais le plus important ce sont les chansons : c’est ça qui va rester. Les concerts ce sont des instants et c’est ça qui est beau d’ailleurs, ce sont des instants qui meurent. Le soir-même, tout est fini alors que les chansons, elles, restent.

Quel est ton dernier coup de cœur en concert ? Alors là, c’est facile, c’est Luce. Tu vas dire qu’elle est dans mon label et que c’est corporate mais pas du tout. Pour le coup, j’y suis allé en trainant un peu des pieds, parce que j’adhère pas forcément à l’album, mais je voulais voir parce que c’est Matthieu Boogaerts qui joue avec elle, qui a tout écrit et il est fantastique. Elle, j’avoue, je ne connaissais pas trop et puis je l’ai rencontré au label… c’est une fille super qui a une vraie personnalité. Je suis allé la voir à la Nouvelle-Eve à Paris et ça envoie du bois, si bien que j’ai pris deux places pour mes parents. Tous les deux sont géniaux, ils sont qu’à deux sur scène et c’est fantastique. 

On a le même âge (24 ans), alors est-ce-que, comme moi, tu as eu des goûts « douteux » à l’adolescence ? [Rires] Oui, évidemment. J’ai eu une période Sum 41, Pleymo, Blink 182 … Mais c’est pas vraiment « douteux », c’est plutôt des goûts éphémères. Pour tout te dire, à 12 ans, j’ai eu une période Claude François. Mais même encore récemment, j’ai eu une petite période One direction, j’ai fait la démarche d’écouter pour comprendre le phénomène et il y a eu quelques chansons que j’ai vraiment aimées.

Ma dernière question n’est pas très originale : Quelle est la question qu’on ne t’a pas encore posée et que tu aimerais que l’on te pose ? Oulà, alors tu dis que ce n’est pas très original mais on ne me l’a jamais faite. C’est dingue, du coup je ne sais pas quoi répondre… [il réfléchit]. En fait, tu me l’as posée, j’aurais bien aimé que tu me demandes mon dernier coup de cœur live parce que je veux vraiment parler de Luce et Matthieu Boogaerts… Ah ! j’aurais bien aimé que tu me demandes mon dernier coup de cœur chanson française.

Alors, Vianney, quel est ton dernier coup de cœur chanson française ? C’est le dernier album de Dominique A. Il revient et il y a deux titres qui sont sortis, Au revoir mon amour et Eléor qui sont superbes.

Après un entretien plein de générosité, c’est un concert tout aussi généreux auquel j’ai pu assister, et pour le coup, c’est mon dernier coup de cœur live. Alors si vous hésitez encore, n’hésitez plus et achetez votre ticket pour aller le voir. Vous ne serez pas déçu !

Merci à Amélie et à Vianney !

Joanne Creton

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Idées Blanches – Vianney, 2015
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