Giotto et Caravage au Musée Jacquemart-André

De Giotto à Caravage – Les passions de Roberto Longhi, c’est un peu l’expo au titre super accrocheur dont seul le sous-titre évoque le propos réel de l’exposition. C’est un peu dommage car le sujet est en soit intéressant et assez original – disons que ça change des monographies – et l’exposition montre d’assez belles d’oeuvres, qui ne sont pourtant ni de l’un, ni de l’autre.  

Caravage, Michelangelo Merisi dit (1571 - 1610), Garçon mordu par un lézard 1594 : Huile sur toile 65,8 x 52,3 cm Florence, Fondazione di Studi di Storia dell’Arte Roberto Longhi © Firenze, Fondazione di Studi di Storia dell’Arte Roberto Longhi

Caravage, Garçon mordu par un lézard 1594 : Huile sur toile. Florence, Fondazione di Studi di Storia dell’Arte Roberto Longhi © Firenze, Fondazione di Studi di Storia dell’Arte Roberto Longhi

Le sujet de l’exposition donc, c’est Roberto Longhi. Longhi est un historien de l’art et collectionneur du XXe siècle qui a participé à la reconnaissance d’un certain nombre d’artistes notamment italiens, aujourd’hui essentiels à l’histoire de l’art. Parmi eux : Caravage, pour lequel il se passionne, Giotto, mais aussi Piero della Francesca, Ribera, Masaccio etc. 

C’est donc par Caravage que la démonstration commence, avec le célèbre Garçon mordu par un lézard, et deux autres peintures de l’artiste phare, de moindre facture. On peut voir aussi quelques documents d’époque, preuves des travaux de Roberto Longhi. Quelques salles plus loin, c’est au tour de Giotto, dont deux panneaux de bois peints sont exposés : intéressants et sensibles certes, mais un peu maigre pour une tête d’affiche.  

En réalité, les plus jolies parties de l’exposition, celles qui méritent véritablement le déplacement, ce sont celles des autres peintres présentés. C’est là une réelle découverte et on a matière à se pencher sur des tableaux parfois majeurs. C’est le cas pour quelques œuvres des suiveurs du Caravage, dont le cartel présente, de manière assez didactique, une reproduction d’un équivalent du maître. On retiendra un très beau Couronnement d’épines de Bartolomeo Manfredi, et un étonnant trio sacré de Jusepe de Ribera, où les trois saints personnages, embellis de leur vieillesse, se détachent sur un fond gris perle de façon saisissante. 

En somme, on se demande pourquoi le musée ne s’est pas appuyé sur les réels points forts de l’exposition, au lieu de se joindre à la course à la fréquentation, désormais répandue  : l’exposition vaut un détour, mais pas pour ce qui est annoncé, ce qui peut amener à des déceptions de la part de visiteurs, qui auraient pu être simplement évitées. On perd aussi au fur et à mesure le fil ténu du sujet même de l’exposition, qui finalement ne ressort pas vraiment, et manque à sa fonction première d’unifier les œuvres qui la composent.  

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De Giotto à Caravage, Les passions de Roberto Longhi.
Musée Jacquemart-André 27 mars – 20 juillet 2015
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