La Rédaction : Ariane

Nouvelle plume au programme de notre visite des rédacteurs, Ariane passe sur le grill de l’interview ! C’est notre spécialiste art contemporain, notre envoyée spéciale XXe, mais aussi notre intervenant tatouage référencé.

Ariane, c’est un peu la femme moderne. Vous pouvez la trouver en train de se désarticuler spasmodiquement à des concerts de groove-funk, ou bien en train de s’arracher les cheveux avec véhémence sur des sujets divers. Je crois que son expression préférée c’est « top moumoute », et là, j’ai tout dit ; c’est notre bout-en-train, notre Carambar à nous ! Sinon, elle a aussi un petit côté Jean Seberg (et ça, c’est pas moi qui le dit). 

Ariane est née le même jour calendaire que Gandhi. Juste, voilà. 

Ariane vue par © Marguerite Hennebelle

Ariane vue par © Marguerite Hennebelle

Hello Ariane ! La première question va à l’art ! Tu fais des études spécialisées en art contemporain ; pourquoi ce choix, d’où te vient l’envie ou la passion ? 

En fait ça s’est imposé à moi un peu de manière évidente : l’Art, c’est ce qui me fait le plus vibrer, alors j’adore étudier les diverses expressions artistiques à différentes époques, mais je suis encore plus sensible à ce que créent les gens autour de moi. Être en phase avec un art vivant, que je vois évoluer, et qui s’accorde autant de libertés, ça me permet d’avoir des émotions incroyables. C’est aussi ça que j’aime, c’est que le pseudo n’importe-quoi qui gêne beaucoup de gens dans l’art contemporain (qui n’ont pas forcément tout le temps tort) fait que, avec un esprit ouvert, on peut se découvrir des sensations et des émotions inédites, à travers des moyens surprenants…

Peux-tu nous dire quelques artistes contemporains qui ont été des coups de coeur récemment ? 

J’ai découvert en début d’année le travail de Melik Ohanian à la galerie Chantal Crousel, à peu près au moment de sa nomination pour le prix Marcel Duchamp : c’est une oeuvre basée sur la question du temps, de ses différentes échelles, de sa perception et de la précarité du présent. Le thème, le côté protéiforme de ses propositions, leur présence physique et la poésie de l’ensemble m’ont vraiment scotchée. Sinon plus récemment, j’ai eu la chance de faire un tour à la foire de dessin contemporain Drawing Now au Carreau du Temple, et dans les galeries « émergentes » je suis tombée amoureuse du travail de Claire Trotignon au stand de la Galerie de Roussan. Ses œuvres sont épurées et pleines de sensibilité, jouant à la fois sur l’espace et les volumes, c’est vraiment un travail très intéressant.

© Claire Trotignon

© Claire Trotignon

Bon, la question tattoo, j’étais un peu obligée ! Qu’est-ce que tu trouves le plus fascinant dans ces pratiques corporelles ?

Leur force. Qu’est ce qui peut être exprimé plus intensément que ce qu’on se grave dans la peau ? Et puis le corps c’est un médium puissant, mouvant, chargé d’histoires… Que ce soit au niveau du sens ou de l’esthétique, je trouve que ça n’a pas d’équivalent.

Si tu n’avais pas fait de l’histoire de l’art, quel autre domaine t’aurait attiré ?

Par élimination : rien de sportif, rien qui requiert un minimum d’habileté manuelle ou de coordination, rien qui exige un sens de l’orientation ou de la logique mathématique, rien qui demande de la discrétion… Sérieusement, j’ai longtemps voulu étudier les sciences politiques ou le journalisme. Vu les restrictions ci- dessus et mon amour de la parole, les deux auraient certainement fonctionné.

Y’a-t-il un événement politique qui ait marqué ton enfance ?

Pas vraiment. J’étais plutôt du genre le nez dans les romans jusqu’au Lycée, c’est seulement là que j’ai pris conscience qu’il y avait un monde extérieur auquel je pouvais éventuellement m’intéresser.

C’est dimanche, il pleut, tu n’es pas coiffée, et tu es munie d’un bol de céréales crues. Ta série honteuse du moment ? Et à l’inverse la série géniale ? 

Pour le honteux, je ne parlerais pas de série, mais pire : en général, j’écume youtube et les chaînes comme Epic Rap Battle of History (mention spéciale pour l’épisode des grands peintres de la renaissance contre les tortues ninjas qui portent leurs noms) ou les rediffusions du Tonight Show de Jimmy Fallon. Pour le génial, si on reste vraiment dans le dimanche, en général je regarde pour la 274ème fois les épisodes de Kaamelott ou de Daria. Classique mais jouissif.

Sahara ou Antarctique ?

Sahara. Parce que j’y suis déjà allée et que ça m’a plu, que malgré ma peau marmoréenne j’adore les pays chauds, et qu’en plus c’est quand même l’habitat naturel des fennecs et que c’est vraiment adorable comme animal.

Un concept scientifique auquel tu n’as jamais rien compris ?  

Tout ce qui s’est passé en cours de physique après mon deuxième semestre de seconde.

Michel Gondry t’appelle et te propose de faire la mise en scène de ton futur one man show : tout est permis. Donne nous trois accessoires ou décors indispensables à ton discours !

Je dirais volontiers un roadster qui crache des flammes, un éventail de masques d’animaux en silicone, et un décor uniquement composé de sequins multicolores du sol au plafond. « Go hard or go home » comme on dit. Mais honnêtement je pense qu’avant tout accessoire, je lui demanderais le numéro de Romain Duris.

Ta cafèt’ muséale préférée ? 

Au risque de paraître un tantinet chauvine, je choisis celle du Musée des Beaux-Arts de Lyon. Leur terrasse qui surplombe le jardin du musée est un délice l’été, avec un sirop d’orgeat ou de violette…

Merci Ariane !

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