Festival d’Aurillac : Opéra Panique Cabaret Tragique, par la compagnie Hecho en Casa

© Isabelle Miquelestorena

© Isabelle Miquelestorena

C’est en pleine confiance que j’ai grimpé les nombreuses marches qui mènent aux hauteurs de la ville d’Aurillac, jusqu’au parking du Chateau Saint-Etienne, et avec l’assurance de tomber sur un propos à mon goût : celui de l’écrivain, scénariste et cinéaste Alejandro Jodorowsky.

Nous sommes assis, un mini-van bleu entre par le portail. Ca klaxonne et ça crie pendant la manoeuvre de stationnement. La troupe de passagers dégoulinants de sueurs s’extirpe du véhicule. 3 femmes, 2 hommes. L’ambiance, à première vue, est très colorée. L’espace, celui du parking, se pare des couleurs d’une guirlande, de tabourets en métal colorés, d’une piscine gonflable, et de ce mini-van…

Tour à tour coulisse, cabine de change, élément de décors fidèle à lui-même ou transformé en four, il est alors un organe central dans l’orchestration des nombreuses saynètes qui s’enchainent à vive allure devant nos yeux. Le registre du texte est d’une poésie absurde, et celui des comédiens oscille ainsi entre outrance et vraisemblance. Je pense nécessairement aux films La danza de la realidad ou La Montagne sacrée, réalisés par Jodorowsky, dont les situations et l’univers sont proches de cette représentation, où les accents latins des interprètes nous emmènent dans une Amérique latine rêvée, critiquée ou caricaturée par l’auteur chilien.

Dynamisme et entrain ont su faire de ce spectacle une représentation fidèle, nourrie d’un sens du gag et du drame. Les textes, que j’étais venue écouter, ont été incarnés par des acteurs qui, de par leur jeu outrancier, l’inclusion ou la disparition du spectateur, ont su être suffisamment proches et lointains pour traduire la volonté de Jodorowsky de créer avant tout un spectacle, qui s’assume en tant que tel.

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Teaser du spectacle

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