Carnet de voyage #1 : le Cameroun

En cette fin d’été, JBMT a décidé de vous emmener à la découverte de ces lointains pays parcourus par notre petite équipe tout au long de la période estivale. Bon voyage !

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UN PAYS : LE CAMEROUN


Batoufam © Estelle Vanneste

Batoufam © Estelle Vanneste

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UN LIEU MARQUANT : BATOUFAM


Batoufam est une des chefferies partenaires du Programme Route des Chefferies. Une chefferie est un système politique traditionnel, structuré autour d’un roi, de conseils de notables et de nombreux codes sociétaux, religieux et rituels. Représentative de ce système, Batoufam est un lieu magique, hors du temps et où le reste du monde n’existe plus. Elle est située dans une cuvette entre les vertes collines caractéristiques du paysage de l’Ouest.

L’histoire mouvementée de la fondation de ce royaume au XVIIe siècle a engendré une architecture défensive. Celle-ci est unique dans la région et présente des maisons avec cadres de portes et piliers de bois sculptés parmi lesquelles on circule en se courbant à moitié, du fait de la petite taille voulue des ouvertures. L’histoire et l’aspect ancestral du lieu est matérialisée par le charismatique chef Nayang Toukam Innocent, un homme drôle et très accueillant, autant passionné par l’observation des rites ancestraux dans sa chefferie que par Wimbledon qu’il suit avec ses filles sur la télé du palais.

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UN ÉVÉNEMENT : LA MISSION BANDJA


Bandja est une chefferie située au sud de la région Ouest du Cameroun. Début juillet, nous y avons effectué une mission d’inspection sur une collection d’objets d’art que le chef n’avait pas consenti à montrer depuis six ans. Ambiance magique que cet endroit tombant à l’abandon, le chef taciturne nous scrutant du fond de la salle du trône pendant que ses serviteurs disposaient les objets sur le perron du palais colonial.

Masques de danse en bois sculpté, tables circulaires perlées au pied à l’image d’un caméléon, trône hippopotame, énigmatique statuette de roi reposant ses pieds sur une panthère, tissus cérémoniels batik, peau de serpent et je passe sur les merveilles. On se serait cru dans un autre temps. Ces objets incroyables seront visibles dans le futur musée de la chefferie, actuellement en construction.

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UNE RENCONTRE : GERALD, PROFESSEUR


Gérald est professeur de linguistique à l’Université de Caroline du Nord après une carrière essentiellement menée au Royaume-Uni et des études à Cambridge. Camerounais d’origine, il rentre tous les ans au Cameroun passer les deux mois d’été dans sa maison de Bafut, la plus grande chefferie de la région du Nord-Ouest. Il était mon voisin dans le Paris-Douala du 13 juin dernier.

D’une grande générosité il m’invite à passer deux weekend à Bafut et me fait visiter sa chefferie, dont la grande case traditionnelle, conservée dans son état du XVIIème siècle, est classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO. En plus d’être professeur d’université en Occident, Gerald est aussi un notable membre du Conseil des Neuf de son village. A ce titre, il participe des décisions les plus importantes, prises en concertation avec le chef Abumbi II. Gerald est pour moi l’image même de ces rencontres fortuites incroyables telles qu’on en fait rarement et qui nous marquent à vie.

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UN PLAT TRADITIONNEL : LE BEIGNET-HARICOT


La cuisine camerounaise se compose de plats traditionnels régionaux connus tels que le koki, le taro, le ndolé ou encore le macabo. Ils sont complexes en préparation et j’admire les Camerounaises qui n’ont pas de produits déjà transformés comme les nôtres et doivent effectuer elles-mêmes, avec les moyens du bord, toutes les étapes de transformation des produits locaux du marché (oui oui, seules les femmes cuisinent au Cameroun…).

Je tiens à parler ici du beignet-haricot. Les beignets en forme de boule et non sucrés sont servis dans une assiette avec des haricots rouges, avec ou sans piment. Ils sont accompagnés d’une tasse de bouillie de maïs ou d’arachide. C’est un plat simple mais très bon qui se mange autant au petit-déjeuner que le soir et qu’on trouve sur la rue ou dans certains cafés. S’il vous arrive de passer par Dschang, je vous recommande ceux de Madame Yaya, le restaurant de l’Hôpital ou ceux de la dame qui les vend en face du bar Le Parlement dans le quartier du palais de justice, ils sont à tomber.

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Estelle Vanneste

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