Festival d’Aurillac : The king of the kingdom, par la compagnie Bruitquicourt

king_of_3_1_0_0_0_0_0_0_0_0_0_0_0_0_0J’avais entendu parler de la compagnie Bruitquicourt des suites du festival d’Avignon, où leur spectacle Hamlet en 30 minutes avait remporté un certain succès de par son intelligence, son humour et son interaction avec le public. Tout laissait présager à une représentation de qualité à Aurillac, et en effet, je n’ai pas été déçue…

Le spectacle a lieu dans une cour d’école, devant laquelle les spectateurs venus nombreux s’amassent 30 minutes avant la représentation, pour s’assurer d’assister au spectacle aux places limitées. Nous rentrons, nous nous installons. Un certain Conrad entre et nous salue de son fort accent britannique, puis se présente comme le nouveau musicien du King of the Kingdom. Arrive alors une femme en uniforme, qui s’avèrera être le chambellan du roi. Elle l’installe alors dans une scène muette et rigoureuse. Entre enfin celui que nous attendons tous : the King of the Kingdom, un homme décoiffé, vêtu d’un piètre rideau, aux mimiques blasées et agacées, assis sur un vulgaire trône.

The king of the Kingdom est le roi de la pièce, et ses sujets comme ses meilleurs soutiens, c’est le public. La métaphore du comédien comme roi dépendant du public n’est pourtant pas ce que nous retiendrons le plus de cette présentation. En effet, avec un sens aiguisé de l’improvisation et du comique de toute situation, les trois seuls comédiens savent rythmer une pièce qui ne présente pourtant pas un scénario très original : le roi saura-t-il asseoir sa place devant ses sujets, lui qui se veut désormais plus « démocratique » ? La trame de la pièce -dont le comique n’est pas sans rappeler les Monthy Pythons- se construit autour de l’inclusion du public dans le spectacle et la participation de celui-ci à la destinée du roi.

La compagnie de théâtre des planches comme des pavés a bien saisi et incarné la différence majeure entre ces deux modes de spectacles bien distincts : si les deux sont régis dans ce cas par l’humour avant tout, et le spectacle qui s’assume en tant que tel, on comprend bien que le théâtre de rue se doit d’exister avec son public, qui n’est plus simple spectateur, mais acteur de la pièce. La capacité de jeu des comédiens est alors primordiale : les personnages doivent être assurés, et incarnés avec vraisemblance. Bien qu’il existe un fil rouge pour le spectacle, celui-ci ne suffit pas. Ce que The King of the Kingdom prouve est que la mise en scène d’un personnage, aussi absurde, anachronique et caricatural soit-il, dans sa mise à l’épreuve par la rue, est bien la meilleure garantie des plus chaleureux applaudissements.

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« The King of the Kingdom », prochaine représentation le vendredi 11 décembre 2015 à 20h dans le cadre du Festival d’Hiver de Montpellier. Plus d’informations : http://www.domaine-do-34.eu   

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