Carnet de voyage #3 : Rio de Janeiro

En cette fin d’été, JBMT a décidé de vous emmener à la découverte de ces lointains pays parcourus par notre petite équipe tout au long de la période estivale. Bon voyage !

UNE VILLE : RIO DE JANEIRO, BRÉSIL


© Louise Ganesco Deglin

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UN LIEU : LA LAGOA RODRIGO DE FREITAS


© Louise Ganesco Deglin

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Si l’on associe inévitablement Rio à ses plages mythiques, on oublie souvent qu’il existe un lac à l’intérieur de ses terres, reliant les quartiers de Copacabana, du Jardim Botânico et d’Ipanema. Les Cariocas s’y rendent le week-end pour pique-niquer, courir, boire une bière entre amis, voire faire un tour de pédalo-canard… Offrant un point de vue imprenable sur les sommets de la ville, c’est l’endroit idéal pour une promenade vespérale ou une lecture au bord de l’eau, loin de l’agitation du front de mer.

En déambulant le long des contours tortueux du lac, un nouveau visage de la zone sud de Rio s’offre à nous : toujours aussi majestueux, cependant moins surfait. Là, vous pouvez notamment dénicher la fondation Eva Klabin, ancienne demeure de la collectionneuse du même nom, où Tintoret s’entiche de bustes antiques, où les Buddhas thaïlandais veillent sur des paysages hollandais du XVIIe siècle et où les céramiques précolombiennes observent, rêveuses, le jardin de la villa dessiné par Roberto Burle Marx. Ce musée hors du temps, éclectique, un brin hérétique, s’inscrit tout à fait dans l’expérience que nous offre la Lagoa.

UN ÉVÉNEMENT : LA PEINTURE AU GENIPA PAR LES INDIENS KAYAPO


© Louise Ganesco Deglin

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Le Museu do Indio de Rio de Janeiro (Botafogo) se dédie à l’art et à la culture amérindienne contemporaine, accueillant ainsi régulièrement en son sein des membres de communautés indigènes du Brésil. A la fin du mois d’août, trois jeunes femmes originaires du groupe Kayapo Mebengokre sont venues, accompagnées du cacique Akyaboro, assister à l’ouverture de la nouvelle exposition du musée, vendre leurs créations pour enrichir la collection de l’institution, et réaliser des peintures traditionnelles sur les visiteurs.

Ces dernières sont tracées au génipa, une baie verte qui, une fois broyée, donne une pâte bleu-noir sous l’effet de l’oxydation. Les trois Amérindiennes ont épluché les baies en discutant en langue kayapo, riant et dirigeant leur geste d’une façon assurée, traduisant leur aisance dans cette activité. Au moment de piler le génipa dans un mortier de bois, les enfants en visite au musée se sont tous rassemblés autour d’elles, à la fois émerveillés et intrigués par ces filles si majestueuses avec leur front rasé.

Puis le silence s’est installé au moment de tracer les premières lignes sur les épidermes un peu trop blancs ; chacune se lançait dans la réalisation d’un symbole traditionnel, rectiligne, qui émergeait sur la peau dans une odeur poivrée d’écorce battue. Si les hommes ont été ornés de motifs assez courants dans le répertoire kayapo, tels que le tatou ou la tortue, j’ai eu la chance d’avoir sur le bras un dessin secret, propre aux femmes. Et c’est justement cet univers mystérieux, emprunt de savoir-faire et de complicité féminine, qui a marqué pour moi cette expérience hors du commun.

© Louise Ganesco Deglin

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UNE ACTIVITÉ : UNE RANDONNÉE DANS LA VILLE


© Louise Ganesco Deglin

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Toute la beauté de Rio réside dans l’association des constructions humaines aux silhouettes, à la fois menaçantes et bienveillantes, des pics de granit. Ces morros, coiffés de forêt tropicale et veinés de cours d’eau, constituent de véritables réserves naturelles à deux pas des buildings ; singes et oiseaux colorés font ainsi partie intégrante de la faune urbaine, et il n’est pas rare d’esquiver une chute de mangue en cheminant sur un trottoir.

Le meilleur moyen de profiter de la ville reste donc de se plonger dans la jungle, quitte à s’égratigner un genou sur un rocher, pour aboutir sur un panorama à couper le souffle. Déguster une paçoca (délice de cacahuète pilé avec du sucre et une pointe de sel) face à la baie de Rio après avoir escaladé le Corcovado donne une toute autre saveur à votre expérience du lieu.

UN DESSERT TRADITIONNEL : LA CANJICA


© Louise Ganesco Deglin

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Au Brésil, vos papilles sont sollicitées de toutes parts, entre les fruits et légumes inconnus au bataillon (bonjour chuchu, açai et autre couve manteiga), les mille façons de cuisiner les tubercules telles que le manioc, la patate douce ou l’igname, mais surtout les associations inattendues et révélatrices de nouvelles saveurs (jus d’avocat sucré, confit de goyave et fromage frais, poisson à la banane…).

Pour les moins téméraires et amateurs de douceurs, il existe la canjica, consommée traditionnellement lors des festas juninas (fêtes populaires du mois de juin). Il s’agit d’un entremet proche de notre riz au lait, mais réalisé à partir d’un type spécifique de maïs, dont les grains sont concassés grossièrement. On les fait mijoter dans du lait condensé sucré additionné de cannelle, clous de girofle et noix de coco fraîche râpée, avant de consommer le tout sur une table recouverte d’une nappe vichy rouge (oui, vraiment). Une merveille !

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