Live report : Odesza @ Le Trianon

CaptureJe me demandais bien comment l’espace si majestueux et un brin figé du Trianon allait servir d’écrin au live du (très) célèbre duo electro Odesza – si le contenant allait parvenir à s’adapter au contenu, ou si les moulures se feraient trop présentes face aux mains lancées en cadence par l’audience.

Il se trouve que je devais bien être la seule à m’inquiéter, au vu de la salle bondée que s’était appropriée le plus naturellement du monde un public ayant à peine l’âge légal pour commander une bière aux Etats-Unis. Qu’importaient les premières bruines automnales, les jeunes filles se pressaient toutes en bustiers dévoilant leur nombril, leur chevelure cerclée de couronnes de fleurs ou retenue par des lunettes de soleil. Un défilé qui achevait de nous transporter dans un univers festivalier en plein été, tout en conjuguant cette allégresse juvénile avec la chaleur d’une salle obscure. En résultait donc une atmosphère proche de celle d’un club très couru, nous rendant bien incompréhensifs face aux quelques individus ayant fait le choix de s’enfoncer dans un siège au balcon.

S’installe alors derrière son Mac Petit Biscuit, mise en bouche efficace pour un public exalté d’apprendre sa participation au live il y a quelques jours de cela. Le plancher flanche, chaque personne s’élevant dans les airs renvoie son énergie au sol qui rebondit en rythme. La moindre accalmie musicale entraîne des cris d’euphorie et des acclamations, stimulantes aussi bien pour le jeune homme derrière ses platines que pour la foule elle-même.

Vient le tour de Basic Tape, deux garçons qui parviennent à maintenir l’ambiance électrique de l’assemblée sans pour autant nous transporter musicalement. Ce que tout le monde attend en frémissant, c’est Odesza, un binôme originaire de Seattle qui conjugue un son chill à des basses vibrantes, pour permettre à son auditoire d’entrer dans une transe quasi mystique tout en dansant jusqu’à l’épuisement. Dès les premières notes, on sent le professionnalisme des deux hommes qui ne se contentent pas de rester debout derrière leurs machines, mais s’arment également de baguettes pour jouer des percussions en rythme.

Les projections visuelles nous plongent directement dans l’espace, au sens propre du terme : aurores boréales, astronautes en scaphandre, lanternes s’élevant dans la nuit… tout est propice à faire s’envoler notre esprit, ne laissant plus au sol que notre gangue charnelle sursautant selon les beats. Peu importe que l’on soit tous collants dans la chaleur moite du Trianon, ou que l’on se bouscule en bougeant frénétiquement, cela ne fait que renforcer l’impression que nous avons de vivre une nuit sans lendemain dont il nous faut profiter coûte que coûte. Les morceaux s’enchaînent avec des transitions imperceptibles, la température moyenne ne paraît cesser d’augmenter. Mais déjà les lumières se rallument, découvrant une assemblée haletante ; celle-ci continue cependant à danser ensemble, coûte que coûte. 

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Odesza

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