On a volé le bras de Constentenus  par Hey ! La Cie : Un voyage onirique et merveilleux dans l’univers du tatouage

© Zoé Forget

C’est au Cirque Électrique, sous un grand chapiteau rouge, que l’on découvre ce drôle de spectacle, étonnant et détonnant, atypique mais très séduisant. « On a volé le bras de Constentenus » nous raconte une petite histoire du tatouage, prenant comme point de départ et fil conducteur le vol d’une relique (le fameux « bras ») dans un tatoo hall. S’ensuit alors un voyage des différents membres de la troupe au travers du monde afin de retrouver le précieux bien, prétexte à la réalisation d’une série de numéros hauts en couleurs.

Hey ! La Cie vient puiser dans le répertoire et l’esthétique du cabaret et des « Freak shows » du XIXe siècle : revue d’effeuillage, danse lascive avec de grandes plumes d’autruche mais aussi sur des tessons de verre enflammés, claquettes… Les costumes, splendides, sont chargés de paillettes, froufrous, pierreries et plumes exotiques, mais donnent aussi parfois une allure inquiétante aux personnages qui traversent la scène, les métamorphosant en des êtres hybrides, mi-homme mi-bête ou encore monstre à trois têtes. Il est aussi question de cirque, bien entendu, et l’on commence d’ailleurs avec un très beau numéro de mât chinois où l’on retient son souffle. L’ensemble est mené par une sorte de monsieur Loyal en haut de forme, à la voix forte et claire, permettant de faire repartir la dynamique du récit et l’intérêt du spectateur quand quelques rares longueurs se font sentir.

© Zoé Forget

© Zoé Forget

Une des grandes forces du spectacle, outre la performance des circassiens et comédiens, est sa scénographie et son jeu de lumière en clair-obscur. Les huit gramophones et le vieil orgue de barbarie utilisés pour l’ambiance sonore, les malles et le  rétroprojecteur à l’ancienne donnent à la scène des allures de cabinet insolite, de grenier à mystères nous aidant d’autant plus à plonger dans l’histoire qui nous est contée.   Il y aussi le grand écran, remarquablement bien utilisé qui sert à  projeter de jolies animations en couleurs, des morceaux de film en noir-et-blanc, des photos sépias mais aussi des gravures et pochoirs manipulés à la main avec précaution, apportant une dimension plastique et soudainement poétique au spectacle.

C’est du croisement entre ces différentes disciplines : le cabaret, le cirque, le théâtre et les arts plastiques, le soin apporté à tous les petits détails de la mise en scène et la singularité de son univers, à la frontière du fantastique, que nait la richesse et l’originalité de ce spectacle. Présenté à la suite de la résidence de la Compagnie au sein du Cirque Électrique, on ne peut maintenant qu’espérer une tournée nationale afin que chacun en profite !

Emma Larretgère

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« On a volé le bras de Constentenus » par Hey ! La Cie
Jusqu’au 1er novembre au Cirque Electrique.
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