Chinese Man Records au Trianon : un voyage musical qui abolit les frontières

Sans titre

Des images de désert infini dans lequel nos yeux (et nos âmes) se perdent, des vagues de sable qui déferlent sur les écrans qui se répondent aux 4 coins de la scène. Des couleurs bleutées tirant sur l’indigo, la nuit étoilée colore le désert au sable ocre de tons azur. Le rouge ensanglanté du soleil se couchant, un cavalier noir bondissant hors des écrans. Un train qui file le long de rails bordés tour à tour de cactus assoiffés, d’eucalyptus amazoniens ou de tours géantes; mégalopole écrasante fascinante. Des rooftops surplombant la ville tentaculaire. Des palais orientaux dont les cimes s’étirent jusqu’aux cieux mystérieux, se parant tour à tour de motifs mauresques, d’arabesques aux mouvements envoutants.

Miss Chang précède une Betty Boop à l’allure plus Hip Hop que jamais, qui rencontre un vieux sage dont la grandeur de sa barbe n’a d’égale que sa sagesse. Chinese man, la rencontre des déserts inexplorés et des tours de Singapour, des citadelles du Levant et des mondes imaginaires. Des univers qui se fondent dans un flow d’images envoûtant…

Et la couleur du son, qu’est-ce qu’elle raconte ? Du hip-hop old school, du funk afro-brésilien, elle nous conte le banjo et ses teintes acidulées, la musique des années 30 et la flûte des Andes. Des rythmes saccadés et des chants qui nous amènent aux confins de l’Asie, du jump et des danses orientales. Sur scène, les envolées de la trompette et du trombone emplissent le Trianon de cette couleur chaude si caractéristique des cuivres, le percussionniste de génie semble faire de ses percussions une batucada géante. Les 3 Chinese sont accompagnés sur scène des artistes de leur label, chacun imprégnant la scène de sa couleur musicale : Taiwan MC, Youthstar, Leyann & Skoob et Tumi, venu tout droit d’Afrique du Sud. Chinese man en live, ce sont toutes ces images, ces couleurs mêlées en une joyeuse palette criarde et endiablée; ce sont ces sons entremêlés, ces influences mixées; cette générosité.

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Les 4 dates du Trianon présentaient d’une part la sortie de The Journey, album co-écrit avec Tumi, et les 10 ans du label Chinese Man Records. The Journey, sorti le 22 octobre, se présente comme « a Musical trip hosted by Tumi and Shaped by Chinese Man ». Un très beau voyage aux confins des influences musicales que sont allé piocher les Chinese dans les bacs à disques les plus obscurs; et des textes du rappeur sud-africain TUMI, qui oscillent entre dérision et amertume, poésie et punchlines espiègles. Leur album est d’ores et déjà disponible, et pour vous donner un avant-goût, le clip officiel du premier extrait, « Pills for you ills » est en ligne.

Grinçant et exquis, nous voilà embarqués dans une déambulation-réflexion décalée sur notre rapport à l’image et sur l’omniprésence des nouvelles technologies dans notre quotidien. Quant au label mis à l’honneur lors de ce concert, il grouille des influences des artistes qui se retrouvent sous la bannière du CHINESE MAN RECORDS. Deux petits bijoux sont prévus pour la rentrée 2016: en janvier, la sortie du 2ème album de DELUXE, nos petits chouchou moustachus. On se rappelle de leur précédent album, facétieux, espiègle, inspirant : Deluxe, c’est une plongée envoutante dans un univers aérien, aux accents acidulés. Un premier extrait, Shoes, est disponible dès maintenant.

Et en Mai, le Scratch Bandits Crew sort également un nouvel album, Stereo 7, qui promet un retour aux sources, à base de samples seventies, de beats hip-hop, basses électro et instrumentations jazz … Un avant goût ici. Et pour vous faire découvrir toutes ces influences musicales qui s’entrechoquent, JBMT vous a concocté une petite playlist de nos coups de cœur musicaux du label.

Annaëlle Veyrard

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