Catharsis

Je me suis fait offrir l’album de Luz à Noël. Je le voulais vraiment, pourtant, je l’appréhendais. Je l’ai laissé traîner pendant plusieurs semaines, trouvant des excuses toujours plus incongrues pour ne pas le lire. Finalement, c’est par une nuit d’insomnie, aux toutes premières heures du jour que je me suis plongée dans Catharsis. Il n’y a pas de demi-mesure avec un tel récit. Catharsis est une immersion immédiate en haute mer, un de ces livres qu’on referme en pleurant, ne sachant pas très bien pourquoi.

IMG_3250Catharsis est un immense trait de crayon noir découlant d’une mare rouge. C’est le trait de la vie d’un homme qui tente de se reconstruire, qui tente de réapprendre, de lutter. Un peu tout à la fois en fait.

Alors le trait se tord, il se brise, il s’emmêle tour à tour. Parfois il devient si épais qu’il englobe toute la page, il se dresse comme un songe menaçant, parfois il s’amenuise jusqu’en devenir tout fébrile, si bien qu’on tente de se saisir de l’occasion pour l’écraser violemment, mais il se dérobe sous nos pieds. Catharsis ne se conte pas, ne se chronique pas. Catharsis se vit.

Catharsis est l’histoire d’un trait noir qui ne disparaîtra jamais. Qu’il soit fil ténu ou barre de fer, il est toujours présent. Il représente le deuil, l’amour, l’espoir, la peur, le bonheur, l’horreur. Sous ses méandres, il dessine tout ce qui n’a ni nom ni forme. C’est le trait du dessin, celui qu’on veut maîtriser, celui qu’on veut asservir, mais qui malgré nous a sa force propre. 

Catharsis c’est l’histoire d’un homme qui nous replonge dans un contexte, nous montre comme un envers du décor, remet les choses en perspective et remémore un douloureux et vivace souvenir. Celui d’un jour de deuil, d’un point de non-retour. 

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Catharsis, Luz. 
Edition Futuropolis.
14,50 €. En librairie. 

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