Jacqueline Caux & Jeff Mills : Man From Tomorrow

Affiche de "Man From Tomorrow" © DR

Affiche de « Man From Tomorrow » © DR

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Dans le cadre des VIIe Journées Internationales du Film sur l’Art, nous étions invités à l’avant-première mondiale de Man From Tomorrow, un portrait de 45min de Jeff Mills réalisé par Jacqueline Caux.

Chers néophytes, qui, comme c’était notre cas il y a quelques jours, n’avez jamais entendu parler de Jeff Mills, sachez que c’est l’une des figures majeures de la musique techno actuelle. Originaire de Detroit, ville pionnière en la matière, il s’est imposé à la fois comme DJ populaire et comme artiste pluridisciplinaire, associant sa musique à des installations (Mono, 2001) et à des monuments cinématographiques (bande-son de Metropolis de Fritz Lang, 2000).

Jeff Mills © Axis Records

Jeff Mills © Axis Records

Man From Tomorrow nous avait été présenté comme un portrait filmé ; il n’en est rien. Il s’agit en fait plutôt d’une expérience, sonore et visuelle, ou encore d’un long moment à éprouver – au sens premier du terme -. Le qualifier de clip musical serait péjoratif et inadapté, mais c’est pourtant de ce type de vidéos qu’il se rapproche le plus : l’interprétation d’un son et sa mise en forme. Seulement, on ne sait plus bien si c’est l’image qui vient illustrer les différents morceaux, ou ces derniers qui ponctuent des bribes de corps et d’architectures fractionnés au stroboscope. Les deux domaines ne font plus qu’un.

Là-dessus, le maître de l’électro nous donne quelques clés de compréhension : en voix off, il brosse rapidement sa conception de la vie, du temps et de l’avenir. L’avenir semble en effet obséder Jeff Mills, comme en témoigne très justement le titre du film. L’Espace et sa conquête sont des thèmes récurrents dans son œuvre ; et c’est bien un voyage en apesanteur que nous offre Jacqueline Caux.

Comme elle l’a ingénieusement précisé lors de l’avant-première, Man From Tomorrow n’a pas été travaillé en post-production, et n’est que le résultat d’un époustouflant travail manuel avec la lumière. Contraste, éblouissement, mouvement, cette création quasi artisanale séduit par son aspect brut et honnête, finalement humain au sein de ce séjour spatial abstrait.

En définitive, en plus d’une incroyable (re)découverte musicale, Man From Tomorrow nous offre un monde sensoriel impressionnant : on ne saurait se contenter de le visionner derrière un écran d’ordinateur. Il faut être en mesure de s’immerger et de s’imprégner de cette projection monumentale.

Louise Deglin

Man From Tomorrow (2013) de Jacqueline Caux
Musiques originales de Jeff Mills, 45min.

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