Histoires de taxis

L’un est un film iranien, l’autre un recueil de nouvelles égyptien. Leur point commun : avoir pour protagoniste principal un taxi, sa cabine, son chauffeur, le huis clos avec les passagers, leurs conversations, le tout bercé par des contextes politiques éminemment problématiques.

Taxi Téhéran met en effet en scène son réalisateur Jafar Panahi, interdit d’exercer son métier dans son propre pays (et privé de la majorité de ses droits du fait d’avoir contesté en 2010 la réélection frauduleuse de Mahmoud Ahmadinejad). Celui-ci devient le temps du film chauffeur de taxi tout en jouant son propre rôle, se prêtant alors aux rencontres plus ou moins cocasses avec les habitants de la ville.

On vogue entre documentaire et récit romancé, sans jamais vraiment savoir où est la limite. Mais qu’importe. Ce qui compte ce sont les entrevus et ces discussions comme autant d’aperçus de ce qu’est l’Iran aujourd’hui, entre absurdité et grande lucidité.

Taxi de Khaled Al Khamissi se compose pour sa part de 58 nouvelles, ou plutôt 58 conversations entre différents chauffeurs de taxis cairotes et leurs passagers. Qu’elles soient authentiques ou inventées, ces bribes reflétant des aspects divers de la vie politique, économique et sociale égyptienne prennent une dimension toute particulière au regard des mouvements contestataires ayant mené à la révolution de 2011.

21-taxi-couv.1255283295Toutefois, c’est toujours avec beaucoup d’humour (bien que parfois un peu las) et d’autodérision que ces deux auteurs abordent le quotidien et les travers de leurs pays respectifs, faisant de leurs récits des témoignages d’autant plus forts.

 Amélie Roussillon

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Taxi Téhéran, de Jafar Panahi, en salles actuellement (durée 1h20).

Taxi, de Khaled Al Khamissi, publié chez Actes Sud, 2007.

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