Ffion Atkinson, quart d’heure britannique

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© Ffion Atkinson

Je le dis souvent, j’aime personnellement à ce que la photographie oriente mon regard et me permette de détecter plus facilement toute la force et la subtilité de ce qui m’entoure. Car si l’on y réfléchit, très souvent, un cliché ne nous impressionne pas parce qu’il représente l’inaccessible, mais au contraire parce qu’il s’attache à envelopper d’une gaze spécifique un instant du quotidien auquel nous nous frottons régulièrement.

C’est ce que je retrouve avec émotion dans les clichés sans prétention de l’anglaise Ffion Atkinson : l’évocation des marches dominicales, des instants passés à cuisiner à deux, des longues matinées à observer la brume du matin flottant sur le jardin. On y sent le thé brûlant et la bruyère au fil des déambulations sur les pavés irréguliers, les pieds buttant sur les racines ou rebondissant parmi la mousse et les fougères.

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© Ffion Atkinson

Bien que le cadrage manque parfois de stabilité ou que la mise au point soit parfois légèrement décalée, les instants sont magistralement capturés dans toute leur expressivité. On retrouve d’une image à l’autre quelques individus, amis et famille, un cercle restreint qui renforce notre impression d’expérience intime tout au long de l’album.

Chez Atkinson, il n’y a pas de grandeur particulière : la ville ne s’impose pas à nous et demeure à taille humaine, la campagne ne se fait pas particulièrement exotique ou luxuriante; de même, on n’y pose pas pour des portraits. En conséquence, il est aisé de se sentir chez soi dans cette spontanéité. Grâce à Ffion, on se glisse subrepticement dans ces douces après-midis britanniques au rythme lent.

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Ffion Atkinson

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